Jean-Marie Le Pen, le cofondateur du Front National, est mort à l’âge de 96 ans

Publié le 7 janvier 2025 à 12:37
Guibbaud Christophe/ABACA
Jean-Marie Le Pen, figure controversée de la politique française, s’est éteint à l'âge de 96 ans ce mardi 7 janvier 2025 à Garches, dans un établissement où il avait été admis il y a plusieurs semaines. 

Jean-Marie Le Pen, fondateur du Front National (FN) et personnage central du paysage politique français pendant plus de cinquante ans, s’est éteint à l’âge de 96 ans à Garches (Hauts-de-Seine), dans un établissement où il avait été admis il y a plusieurs semaines. "Jean-Marie Le Pen, entouré des siens, a été rappelé à Dieu ce mardi à 12h00", a indiqué sa famille à l’AFP.. Leader charismatique pour certains, figure sulfureuse pour d’autres, il a marqué la vie politique par son style provocateur, ses prises de position radicales et sa longévité. Né le 20 juin 1928 à La Trinité-sur-Mer, dans le Morbihan, Jean-Marie Le Pen grandit dans une famille modeste. Orphelin de père dès l’âge de 14 ans, il s’engage rapidement dans la vie active avant de se tourner vers des études de droit à l’université de Paris. Durant cette période, il intègre également des mouvements politiques nationalistes qui formeront les bases de son engagement idéologique.  

Un parti à son image

Jeune homme marqué par les conflits de l’après-guerre, il participe à la guerre d’Indochine en 1953 en tant que parachutiste, puis à la guerre d’Algérie. Entre autres, affecté à des missions à Alger, il a été impliqué dans des opérations militaires et des accusations de torture, qu’il a toujours niées, ont marqué sa participation, suscitant des polémiques durables. Jean-Marie Le Pen a souvent défendu l’action de l’armée française en Algérie, illustrant son attachement à la vision d’une France coloniale, ce qui a nourri les débats autour de son héritage politique. Ces expériences militaires ont d’ailleurs renforcée sa vision conservatrice et c’est ainsi que quelques années plus tard, en 1972, il a fondé le Front National, un parti qu’il bâtira comme l’incarnation de ses idées. S’opposant à l’immigration, à la mondialisation et au multiculturalisme, il prône un nationalisme souverainiste radical, qui lui vaudra autant d’adhérents passionnés que de détracteurs acharnés.  

Des désaccords au sein de son propre parti

Sa montée en puissance culmine en 2002, lorsqu’il accède au second tour de l’élection présidentielle, battant le Premier ministre sortant Lionel Jospin. Ce séisme politique, souvent qualifié de "21 avril", a marqué une rupture dans la vie politique française et révèle la profondeur des fractures sociales et culturelles du pays. Ses déclarations polémiques sur la Shoah, les immigrés ou encore les "chambres à gaz", qu’il a notamment qualifiées de "détail de l’histoire", lui ont valu de multiples condamnations judiciaires pour négationnisme, antisémitisme et injures raciales. Ces propos, qui ont choqué une partie de l’opinion publique, ont cependant renforcé son image d’"outsider" dans une France qu’il considérait en pleine décadence.  

Ces "controverses" ont entraîné des scissions au sein même de son parti. En 2011, il cède la présidence du FN à sa fille Marine Le Pen, espérant ainsi une continuité familiale dans la ligne politique. Cependant, les désaccords entre père et fille éclatent au grand jour, menant à son exclusion du parti en 2015 après une série de querelles médiatisées. Ses idées, longtemps marginales, se sont imposées au fil du temps comme des sujets centraux, notamment sur l’immigration et la sécurité…

Par
Kahina Boudjidj