Comment est né cet album commun L’heure miroir ?
Thibault Cauvin : Ce projet est né il y a bientôt deux ans. Matthieu Chedid a eu cette jolie idée. Je vis dans les musiques sans mots et j’aime qu’elles offrent une liberté à l’esprit. Matthieu m’a proposé de sillonner sa musique et d’essayer d’en offrir une nouvelle vision, ce qui m’a beaucoup plu. Mais je lui ai dit que si on partait pour une telle épopée, je voulais la vivre avec lui. Nous sommes donc partis ensemble faire ce grand voyage. Nous avons travaillé, avec mon frère Jordan Cauvin qui a aussi collaboré à cette écriture, sur des partitions de Matthieu. J’ai pris beaucoup de plaisir à me replonger dans son répertoire et à retrouver des choses que j’aimais et d’autres que je connaissais moins. Nous avons aussi revisité de la musique classique ou du Charles Aznavour. L’alchimie étant un peu magique entre nous, nous avons aussi composé quelques inédits qui ont une couleur un peu d’ailleurs. Tout est instrumental : deux guitares et aucun artifice.
Matthieu Chedid (M) : Comme le dit très bien Frédéric Chopin, "Pien n’est plus beau qu’une guitare, à part peut-être deux" (rires).
Qu’aviez-vous envie de raconter dans cet album ?
Matthieu Chedid : L’expérience à vivre pour le musicien, et celui qui écoute, est d’enlever les mots et d’accéder à un nouveau monde, celui de l’instrumental qui est invisible, plus sacré, spirituel et vaste. Les mots, ce sont quand même des codes, quelque chose qui te limite. Pour les personnes qui sont prêtes à débrider un peu l’intellect et lâcher prise, l’instrumental est un voyage peut-être plus sidérant. Moi, je n’avais jamais vécu ça avant. Lors de notre premier concert dans le Studio 104 de la Maison de la Radio, il y a eu des réactions atypiques. Moi qui n’avais pas l’habitude de ça, je me suis demandé si on ne s’ennuyait pas au bout d’un moment. Ça m’a inquiété mais je me suis rendu compte que c’était stimulant. On théâtralise le concert et ça passe très, très vite. C’est comme l’heure miroir, le temps n’est plus du tout quantifié de la même manière. C’est une autre durée.
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Pourquoi ce titre L’Heure miroir ?
Matthieu Chedid : L’heure miroir, c’est par exemple 11h11, 12h12 ou encore 13h31. Il y a vraiment l’idée de ce miroir et des petits signes de la vie. Si tu vois une telle heure, ça peut vouloir dire que quelqu’un pense à toi ou que tu as un message. Pour nous, c’est notre rendez-vous un peu sacré.
Pour votre tournée, vous n’avez choisi que des salles de théâtre ou d’opéra, des lieux un peu intimes…
Thibault Cauvin : Ces salles sont toutes chargées d’histoire. Chaque concert était différent des autres. Nous étions vraiment dans cette quête-là de moment suspendu et arrêté. Ce n’était que des lieux extraordinaires du patrimoine français qui, je pense, ont accentué le voyage que nous offrions au public.
Qu’aimeriez-vous que le public se dise après avoir vu votre concert ?
Matthieu Chedid : Qu’il ne s’attendait pas à ça et que c’était beaucoup plus puissant que ce qu’il s’imaginait. C’est ce que l’on a pu entendre après certains concerts…
Thibault Cauvin : J’aimerais que chaque personne se sente vraiment auteure du rêve qu’elle va vivre avec nous. On ne joue pas ensemble pour les gens, mais avec eux.
Le concert L’heure miroir de M (Matthieu Chedid) et Thibault Cauvin est diffusé ce mardi soir à 21h sur France 4
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