Quelle a été l’impulsion de ce nouvel album ?
Kiefer Sutherland : Tout est parti du premier single, Bloor Street, qui donne son nom à l’album. Je l’ai écrite en plein tournage de ma série Designated Survivor, à Toronto au Canada, là où j’ai grandi. Bloor Street est l’une des rues principales qui traverse la ville de part en part mais aussi mes souvenirs de jeunesse : c’est là où j’ai décroché mon premier job, mon premier baiser, mon premier coup de poing. C’est dans cette rue que je suis passé de l’enfance à l’âge adulte. Puis la pandémie est arrivée et j’ai écrit le reste de l’album confiné. Je pense que c’est pour cette raison que la plupart des titres sont plus positifs et joyeux que d’habitude. Le fait d’être à l’arrêt, d’être obligé de me poser, m’a permis de voir à quel point j’étais un homme heureux entouré de ma famille et de mes amis, dans cette maison que je n’occupe jamais à force d’être sur les routes ou en tournage. J’y ai ressenti de la gratitude.
Le rock et le blues ont toujours fait partie de votre vie ?
Oui, et plus particulièrement le hard rock d’ailleurs. Ado, j’étais fan de Led Zeppelin, Deep Purple, Aerosmith, AC/DC… Même si je ne saisissais pas forcément la profondeur de leurs textes. C’est quelque chose qui est venu plus tard.
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Est-ce que vous dites plus sur vous dans vos chansons qu’en 35 ans d’interviews ?
Exactement ! (Rires). D’ailleurs, le moment le plus terrifiant de ma vie a été mon premier concert. Je suis tout à fait capable de jouer la comédie devant des centaines de techniciens ou de spectateurs parce que je ne suis pas moi-même mais un personnage. Mais arriver sur scène, et interpréter des chansons qui parlent de mes ruptures les plus douloureuses devant des inconnus, c’est quelque chose ! Surtout quand l’un des spectateurs se met à crier : « J’ai connu ça, mec ! » (Rires).
À quel point Jack Bauer fait partie de votre vie ?
24 Heures Chrono a été l’une des expériences les plus incroyables de ma carrière. C’est 10 ans de ma vie. Je n’aurais pas tenu tout ce temps si cela n’en avait pas valu la peine. J’ai un une photo de ma fille sur le tournage de la première saison, elle avait 12 ans. Le dernier jour, elle était diplômée de l’Université de New-York !
Vous seriez assez en forme pour incarner Jack Bauer aujourd’hui !
C’est très gentil mais c’est parce que vous me voyez assis ! ! (Rires).
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Et cette série d’espionnage pour Paramount + ?
Tout ce que je peux vous dire c’est qu’il va falloir que je cours et que je me batte. Il faut absolument que je commence ma remise en forme…
Vous reverra-t-on bientôt à la télé ?
Je viens juste de terminer une mini-série qui s’appelle The First Lady, et dans laquelle j’incarne président Franklin Roosevelt. C’est la première fois de ma vie que je joue un personnage historique. Ce que j’ai aimé dans ce projet, c’est que l’histoire soit racontée du point de vue de sa femme Eleanor, jouée par Gillian Anderson, qui a joué un rôle décisif dans la carrière de son mari, tout comme Gillian a joué un rôle dans la mienne : c’est elle qui m’a choisi !
Vous jouerez donc un président des États-Unis, comme dans Designated Survivor. Ça vous a donné envie d’en être un pour de vrai ?
Ma mère aurait rêvé que je suivre les pas de mon grand-père qui était un grand politicien canadien. Mais j’ai vu tout ce que cette carrière lui avait couté…Le pire dans ce métier, c’est de faire ce qu’on pense être le mieux pour les autres sans jamais réussir à satisfaire tout le monde.
Interview Amandine Scherer
Bloor Street (Cooking Vinyl)