Johnny Hallyday symphonique (France 4) : Pourquoi Yvan Cassar s’est-il retrouvé tétanisé lors de ce concert ?

Mis à jour le 9 janvier 2026 à 16:21
© Morgane Production
Le compositeur, chef d’orchestre, qui fut aussi directeur musical du Taulier, a élaboré un show dans lequel il dirige cent artistes, son orchestre accompagné d’un choeur, qui revisitent les plus grandes chansons de Johnny en version symphonique, sur fond d’images d’archives.

Comment est né ce projet ?

Yvan Cassar : Après le succès des deux albums symphoniques, Johnny (sorti en 2019, il a été vendu à 500 000 exemplaires, ndlr) et Acte II (2021), j’avais envie de les partager sur scène. J’ai trouvé qu’un seul concert aurait été trop réducteur, alors je me suis décidé à voyager avec mon orchestre. Il y a cent artistes sur scène, on projette des vidéos de Johnny. J’ai pu disposer de nombreuses archives. On voit Johnny acteur, chanteur, mais aussi dans son quotidien. L’idée, c’est de passer deux heures avec lui, d’être ému et de faire la fête… 

Comment avez-vous procédé techniquement ? 

Il a fallu synchroniser et monter les images. Je n’ai utilisé que des prises live quand on le voit chanter sur les écrans. Pour Je te promets, je trouvais cela intéressant de le montrer à plusieurs époques. Avec Le Pénitencier, comme Johnny aimait les westerns et Sergio Leone et que j’ai découvert que ce sont les mêmes accords qu’Ecstasy of Gold (morceau joué dans Le Bon, la Brute et le Truand) d’Ennio Morricone, on a déniché des images de clips qu’il avait tournés dans l’Ouest américain. 

Aviez-vous, à un moment, évoqué ce projet avec lui ? 

On s’est toujours dit qu’il fallait réunir nos deux univers. Pour lui, l’orchestre, c’était le cinéma, les grandes bandes originales, les westerns, mais aussi Hans Zimmer (la B.O. du Roi Lion, Inception, Dune…) et les grands blockbusters. Comme je le raconte dans le spectacle, lorsqu’on était à Los Angeles en répétition, il revenait de la première du film Gladiator (2000) et il avait été impressionné par la force de la musique. Du coup, pour son concert au Parc des Princes en 2003, j’avais fait une introduction qui était dans cet esprit-là. Avec Johnny, il y avait toujours 10 000 projets à réaliser… 

Vous avez déjà joué ce spectacle deux soirs Salle Pleyel, à Paris, en juin 2022. Qu’avez-vous éprouvé ? 

J’étais tétanisé, surtout pour la première. Je n’oublierai jamais cette date. Comme je dirige l’orchestre, je suis comme un spectateur, je regarde les écrans et je vois Johnny. Et quand je joue du piano, il est en face de moi. C’est assez troublant.

Le spectacle se termine par Non, je ne regrette rien, d’Édith Piaf. Pourquoi ce choix ? 

C’est une tradition. Johnny avait toujours cette idée de reprendre un classique à la fin de ses spectacles. En septembre 1998, au Stade de France, je jouais pour la première fois en public avec lui, et on a terminé le show par Sur ma vie, de Charles Aznavour. C’était pour moi une obligation de finir par une reprise. Non, je ne regrette rien, c’est une déclaration d’amour au public. Pour ce qu’elle symbolise, cette chanson s’est imposée naturellement. 

Vous venez de terminer En noires et blanches, une tournée avec Louis Chedid, et vous enchaînez avec celle de Johnny Hallyday symphonique. Vous trouvez le temps d’avoir d’autres projets ? 

J’ai fait un concert à Montreux, en Suisse, en hommage à Claude Nougaro, avec qui j’ai travaillé, notamment pour Embarquement immédiat. Vous savez, c’est un cadeau de la vie de faire de la musique tous les jours. Et puis, avec la sortie des albums de Johnny et ce spectacle, je me sens libéré d’un poids. Je peux désormais profiter… 

Johnny Hallyday symphonique, ce mercredi 22 janvier à 21h sur France 4

Par
Thomas Gaetner