Depuis mars 2023 et la sortie de votre premier album, La Symphonie des éclairs, vous avez reçu quatre Victoires de la musique, chanté au Festival de Cannes, écumé les salles de concert et participé à la cérémonie de clôture des J.O. Comment avez-vous trouvé le temps d’écrire et d’enregistrer ces sept nouveaux titres ?
Zaho de Sagazan Certains existaient déjà depuis 2020, tel que Le Dernier des voyages. Néanmoins, nous n’étions pas parvenus à en finaliser la production à temps et de manière satisfaisante. C’est d’ailleurs ce titre que j’avais imaginé en single au lieu de La Symphonie des éclairs. Au-delà de « trouver le temps d’écrire », c’est surtout « l’envie » de faire exister ces nouveaux titres qui s’est imposée à moi. Comme certains me l’avaient suggéré, j’aurais pu sortir un nouveau disque avec ces titres agrémentés de trois chansons en plus, mais, pour moi, un album n’est pas un ramassis de chansons, il raconte une vraie histoire. Avec ces sept titres, je boucle La Symphonie des éclairs : le récit d’une adolescente qui découvre la vie.
Votre père et deux de vos sœurs évoluent dans le milieu artistique. L’influence culturelle parentale a-t-elle compté dans votre choix de carrière ?
Dans mon éducation, tout a été facteur d’envol. Ma famille nous a toujours encouragées à l’expression. Il y avait tout le temps du bruit dans notre maison, ça chantait, ça criait, ça s’engueulait, ça dansait… et mes copains venaient souvent squatter chez moi. On avait des restrictions, bien sûr, telles que d’éviter les écrans, de manger des cochonneries et de se coucher tard, mais, à part ça, on était libre de tout faire, tant que ça ne faisait de mal à personne. Ça aide forcément à oser s’exprimer. Et puis avoir un papa qui crée toute la journée te fait réaliser que le talent ne tombe pas du ciel et que le seul moyen d’y arriver est de bosser avec acharnement. Il n’a d’ailleurs vécu de son art qu’à partir de ses 45 ans, avant cela, on ne vivait que sur le salaire d’instit’ de ma mère.
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Comment avez-vous apprivoisé le succès et la notoriété soudaine ?
Longtemps, quand on m’arrêtait dans la rue, je trouvais ça dingue. Moi qui adore les gens et bavarder, j’étais aux anges. Là où je suis contente, c’est que j’aime tous les pans du métier de chanteuse, et ça, je l’ai découvert au fur et à mesure. Faire de la promo, du sport, apprendre l’anglais pour la tournée internationale, manager, réaliser des clips, m’intéresser au droit pour mes contrats, signer des autographes, prendre des gens dans mes bras… J’aime tout ! C’est une très bonne « profession » pour quelqu’un d’aussi gourmand que moi.
Vous semblez « armée » pour ce métier. D’où vous vient cette lucidité ?
Mon père m’a donné la folie, la liberté et la niaque, ma mère, la sociabilité, l’empathie, la curiosité, la générosité et l’amour de l’humain. Si j’écris des chansons, c’est parce qu’elle m’a transmis ça, l’amour de mes congénères. Ce milieu artistique est un peu tordu et chatouille tous les travers de l’humain. Il y a beaucoup de pression, d’idolâtrie, d’argent, de fêtes… donc les gens égocentrés peuvent rapidement vriller. J’ai la chance aussi d’être entourée de ma bande de potes de toujours. Et puis avoir été auxiliaire de vie à domicile pendant un an avant de me lancer dans la chanson, et côtoyé des soignants d’une bonté d’âme exceptionnelle remet sérieusement les idées en place.
L’interview de Zaho de Sagazan est à retrouver en intégralité dans le nouveau magazine Télé 7 Jours. Disponible dans les kiosques dès ce lundi 21 octobre.