Laurent Ruquier était cette semaine l’invité de l’émission Legend sur YouTube, dans laquelle l’animateur est revenu sur son enfance et sa carrière. Originaire du Havre et ayant grandi dans un HLM, Laurent Ruquier se souvient avoir eu des lacunes en littérature lors de ses études, et ne s’est pas toujours senti à sa place, même lorsqu’il est devenu célèbre, notamment sur France Inter, sa "première grande radio en tant qu’animateur". "C’est quand même une chaîne à part : c’est la radio des profs, des intellectuels, plutôt à gauche… Bon, ça, ça ne me dérangeait pas trop, mais ce n’était pas la gauche populaire. Là, je me rends bien compte que je suis en décalage. (…) Ça me dérange, d’ailleurs. (…) Mes parents et moi, on adore regarder Jean-Pierre Foucault et Sacrée Soirée, mais pas la gauche de France Inter !", se souvient Laurent Ruquier, qui a ensuite raconté une anecdote à ce sujet.
L’animateur et sa bande "méchants" avec leurs invités sur France Inter
Celle-ci est survenue lors d’un numéro de Rien à cirer, son émission à succès au début des années 1990, tourné en public à Lille. Ce jour-là, l’invité principal était Renaud – qui sortait à l’époque un album en ch’ti – mais ce dernier a annulé sa venue "au dernier moment" à cause d’un problème de santé. Un seul chanteur a accepté de le remplacer au pied levé : Frédéric François, qui était considéré à l’époque comme "un chanteur honteux". Laurent Ruquier et sa bande se retrouvent obligés de réécrire l’émission en catastrophe : "On écrit nos textes, nos vannes, tout le monde était assez méchants, en plus ! On faisait des portraits de l’invité principal et on sortait des méchancetés. En plus, comme on est portés par une chaîne pour qui Frédéric François c’est pas bien…".
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Mais leur habitude de chambrer l’invité principal a été mise à mal à cause de l’attitude du public de France Inter envers l’artiste. "Quand il arrive sur scène, tout le public le siffle pendant qu’il chante… Je me dis, quand même, c’est le chanteur de ma mère ! Et là, je vois toute l’équipe – à part un dont je tairai le nom – qui, petit à petit, gomme (les vannes méchantes), parce qu’on se dit, on n’a pas le droit de lui faire ça ! Parce qu’il est venu gentiment, et c’est pas un escroc ! C’est pas une imposture ! Donc, au fur et à mesure, on raye ce qu’on doit dire. Ça m’a énormément marqué et ça a beaucoup changé ma façon de faire et de voir les choses", a expliqué Laurent Ruquier, peiné, qui estime que le snobisme culturel de France Inter existe "encore aujourd’hui" dans une certaine mesure. "C’est assez fou", a-t-il conclu.