Sandrine Quétier : « Pendant longtemps, j’ai fait ce qu’on me demandait de faire »

Publié le 29 mars 2024 à 11:33
Domine Jerome/ABACA
L’ex-animatrice télé se réinvente en musique depuis plusieurs années déjà. Avec son premier album, elle assume enfin son statut d’artiste.  

Votre album s’appelle Hard to follow, Difficile à suivre en français. Est-ce un pied de nez à ceux et celles qui n’ont pas compris vos choix de vie ?

Sandrine Quétier : C’est exactement ça ! Je me suis entendu dire que j’étais difficile à suivre, que ce n’était pas facile de comprendre mes multiples activités, qu’on se perdait un peu… Donc voilà, avec cet album, j’assume qui je suis et je le revendique.

Justement les changements de vie sont au cœur de cet album… 

Oui, c’était quelque chose important, d’autant plus que ce projet est arrivé assez tardivement dans ma carrière. Il m’a fallu faire face à un long processus d’émancipation personnelle pour assumer pleinement mes choix. Moi, je suis « une bonne fille ». Pendant longtemps, j’ai fait ce qu’on me demandait de faire. Ce n’était pas le bagne du tout, j’ai eu un métier très agréable. Mais cet album et ce choix de carrière, c’est vraiment la résonance de ma petite voix intérieure.

Vous avez participé à l’écriture. C’est un travail qui vous a demandé beaucoup d’effort ? 

Je ne sais pas si on peut parler d’effort parce je n’étais pas seule, j’ai collaboré avec de nombreuses personnes, c’était un travail d’échange assez ludique. Ce n’était pas fastidieux. Et puis moi, je peux être inspirée partout, même dans le métro. Je prends quelques notes, je retourne chez moi, et je continue. Il y a un côté nomade dans mon rapport à l’écriture.

Et toujours en anglais ?

Oui. Je trouve que le rock sonne mieux dans cette langue. Bien sûr en France, il y a des exceptions comme les Rita Mitsouko ou Louise Attaque. C’est formidable mais moi, je n’y arrive pas. J’ai essayé d’écrire en français, je trouvais ça tarte. 

Pourquoi avoir choisi votre nom de famille comme nom de scène ? 

Je suis passée par toutes les couleurs de l’arc-en-ciel avant de prendre cette décision ! Sandrine Quétier était très assimilée à l’animatrice télé, mais c’est quand même moi, et c’est aussi une partie de ma vie. Ce qui me semblait finalement le plus logique et le plus judicieux, c’était mon nom de famille tout seul que j’assume parfaitement. C’était un bon compromis…

On a l’impression qu’à l’époque de 50mn Inside, vous souffriez de l’image un peu lisse qu’impose souvent la télé à ses animatrices

Je ne sais pas, mais j’ai toujours considéré tout cela comme un métier. Ce n’était pas mon identité. Quand je rentrais chez moi, je faisais de la musique, je m’occupais de mes enfants. Mais oui, on le sait, pour plaire au plus grand nombre sur TF1, il faut être dans une certaine mesure… Je me rends d’ailleurs compte que j’ai beaucoup moins de filtre en interview aujourd’hui qu’avant. Pas parce qu’on me les imposait, mais je pense que je me les imposais moi-même.

Vous auriez pu sortir cet album plus tôt, surfer sur votre notoriété. Qu’est-ce qui vous a poussée à attendre ? Le besoin de légitimité ?

Je n’étais pas prête à assumer. Nous sommes nombreux à avoir ce complexe de l’imposteur. Même quand j’étais en télé, je me disais « on va te démasquer, on va finir par voir que tu es nulle ». Il m’a fallu du temps pour me faire confiance, pour arrêter d’écouter ceux qui me disaient de continuer l’animation et de chanter le samedi soir dans mon salon. Et il fallait surtout que je coupe toute mon activité télévisuelle pour pouvoir embrasser pleinement ce projet artistique. Alors bien sûr, certains vont être dubitatifs, se dire que c’est la fille de la télé qui fait sa chanteuse. C’est de bonne guerre. J’espère juste les surprendre avec mon album, qu’ils comprennent que ce n’est pas une lubie.

Il parait que sur les plateaux de tournage, vous passiez votre temps à chanter…

C’est vrai ! Pour la petite histoire, avant chaque prime de Danse avec les stars, je chantais pour le public. C’était comme un porte-bonheur pour toute l’équipe. J’ai encore beaucoup de témoignages de téléspectateurs qui me demandent quand est-ce que je reviens, ça me touche beaucoup. J’ai eu une vie extraordinaire à la télé, mais celle que je vis aujourd’hui l’est encore plus. Je vogue en liberté. 

Savoir se réinventer, c’est une grande qualité…

C’est ce que j’essaie de transmettre à mes enfants. On est tous multiples, on a le droit de faire plusieurs choses dans la vie, on a le droit de se tromper, d’échouer, de recommencer. Et ce n’est pasgrave, tant qu’on fait les choses avec cœur.

Qu’ont-ils pensé de votre album ?

Ils ne sont pas objectifs ! (Rires). Ils me soutiennent, viennent me voir en concert. Ils ont écouté toutes les chansons, les maquettes, ils me donnent des conseils. Ils sont fiers de leur maman et moi je suis fière de les rendre fiers. 

Est-ce que Nikos a écouté votre album ? 

Oui, il est tellement mignon ! Il me relaye sur les réseaux sociaux, il est hyper bienveillant, très à l’écoute, il m’encourage. Il est formidable.  

Hard to Follow (Ephelide). Album disponible le 29 mars

 

 

 

 

 

Par
Amandine Scherer