Ce samedi 16 octobre, le duo Rouquine a été élu gagnant de The Artist par les téléspectateurs de France 2. Il s’agit du deuxième groupe formé par Sébastien Rousselet et Nino Vella, venus d’Angers, qui avaient déjà travaillé ensemble pendant huit ans au sein du groupe Babel, avant d’écrire pour des artistes célèbres. Sur le plateau de Nagui, leurs chansons Mortel, Tombé et Première fois ont aussitôt conquis le public et le jury. Leurs mélodies sont très entraînantes, et leurs paroles crues ne laissent pas indifférents. Le succès est à portée de main pour les deux amis qui vont bientôt se produire à l’Olympia dans le cadre de la tournée de Gaëtan Roussel, juré de l’émission, qui leur a confié la première partie de ses concerts. Le 15 décembre, c’est au Café de la danse à Paris que vous pourrez les retrouver. Télé 7 Jours leur a posé quelques questions…
Deux jours après votre victoire, dans quel état d’esprit êtes-vous ?
Nino : Sur le coup, on ne comprend pas trop ce qui se passe. Et puis il y a un mélange de plein de choses, il y a la mélancolie de la fin de l’aventure, et forcément une sensation un peu étrange, par rapport à tous les autres candidats, de se dire : "Pourquoi nous ?", quoi. Parce que ça reste de la musique, c’est subjectif.
Sébastien : C’est très intense émotionnellement pour nous. C’est tout récent, il faut du temps pour qu’on atterrisse. Depuis quelques semaines, les choses s’accélèrent, on ne mesure pas trop. On navigue un peu à vue !
Quels sont les premiers effets The Artist que vous constatez depuis le lancement de l’émission ?
S : Le fait de toucher un large public. Des centaines de milliers de personnes ont regardé l’émission. Pour nous, c’est colossal ! On a reçu énormément de messages très encourageants. On a eu beaucoup d’écoutes sur les plateformes de streaming, sur YouTube et on a notre tournée qui est en train de se caler. C’est un boost énorme. On a fait plein de rencontres de programmateurs, d’artistes… On va également faire la première partie de Gaëtan Roussel sur sa tournée.
Pourquoi avez-vous décidé de faire ce télé-crochet ?
N : Notre objectif n’était pas de gagner, c’était d’avoir une expérience, parce que la télévision est un monde qu’on connaît peu. Et puis d’avoir une vitrine, c’est important pour des groupes indépendants comme nous. Jouer à la télévision nos propres compositions, c’est une sacré opportunité. C’est plutôt ça qui nous motivait.
S : Le fait que ce soit un programme produit par Nagui et l’équipe de Taratata, ça nous a encouragé à le faire. On va d’ailleurs participer à Taratata prochainement, c’est l’aboutissement de quelque chose, et ce sera j’espère l’occasion de présenter notre album. Et on va retrouver Nagui aujourd’hui dans La Bande Originale qu’il anime sur France Inter, ce qu’on aurait jamais imaginé il y a encore une semaine.
Étiez-vous impressionnés ?
N : L’enjeu de jouer en direct devant des centaines de milliers de gens sur un temps très court nous oblige à être très concentré. C’est une sacré pression, différente de celle que l’on connaît en concert. Devant le jury, on se retrouve quand on avait dix ans et qu’on devait présenter un examen devant des profs. C’est intimidant et impressionnant, même s’ils étaient très bienveillants.
Étiez-vous déçus de devoir faire une reprise lors du premier prime ?
S : Au départ, ouais, on était déçu. Comme ce qui était annoncé était qu’on était auteurs-compositeurs et qu’on était sélectionnés pour ça et pour montrer notre créativité… Faire une reprise, c’était un exercice imposé qui nous semblait moins intéressant.
Pourquoi avoir choisi de reprendre J’irai où tu iras ?
S: On voulait prendre un morceau très connu, un "gold", et le mettre à notre sauce, y ajouter notre patte d’auteur-compositeur. C’est complètement réarrangé, l’harmonie a été modifiée et j’ai réécrit un couplet et un pont pour donner un autre point de vue de la chanson, sans changer sa thématique de base. Donc on a quand même apprécié l’exercice, on se l’est approprié.
Quels artistes vous ont marqué pendant cette aventure ?
S : Il y en a plein… On a fait une super rencontre avec Bénabar. Également avec Claudio Capéo, Olivia Ruiz… Il y a sûrement des collaborations qui vont avoir lieu avec tous ces artistes. Parmi les masterclass, on a eu plein de gens qui nous ont marqué comme MC Solaar. Et j’ai été très ému par celle de Yael Naim.
Vos chansons traitent de sujets forts, comment choisissez-vous les thèmes ?
S : Ça part soit d’histoires vécues, soit d’une grande thématique où on donne le point de vue d’un personnage. On est inspirés par la condition humaine : la vie, l’amour, la mort… On évite les généralités, on essaye d’avoir un regard particulier qui est le nôtre, de se mouiller dans ce qu’on raconte, de prendre position. De parler de nous de façon un peu intime.
Au printemps dernier, vos titres ont commencé à être diffusés par certaines grandes radios. Ça vous a mis en confiance ?
N : Oui. C’est rassurant pour nous de se dire que sans faire de concessions au niveau des textes ou de la musique, nos chansons peuvent quand même rentrer en radios et qu’on n’a pas besoin de se formater pour cela.
Où en est la conception de votre premier album ?
N : Il était en cours de travail avant l’émission, et on espère le sortir au cours du premier semestre de 2022. On veut faire un bel album dont on est fier, avec des beaux clips et pouvoir le jouer en tournée.
Vous avez écrit pour d’autres artistes, pouvez-vous nous citez quelques noms ?
N : On a écrit pour Patrick Bruel, Barbara Pravi, Yseult, Eddy de Pretto, Gauvain Sers… Et plein d’autres !
Quelles sont vos principales inspirations ?
S : Musicalement, on aime beaucoup des artistes comme Bon Iver ou James Blake. On rêve de collaborer avec lui, d’ailleurs. Au niveau des textes, nos influences vont du Renaud des années 70-80 à OrelSan
Avez-vous d’autres projets artistiques que vous aimeriez réaliser ?
N & S : On veut faire des musiques de films !
Hugo Mallais