Rahim Redcar explique son évolution depuis Christine and the Queens : « Je ne sais pas si j’aurai beaucoup de noms encore » (VIDEO)

Publié le 13 janvier 2025 à 10:11
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Après différentes identités à l'image de son idole David Bowie, Rahim Redcar est revenu en détails sur les différentes étapes de sa carrière lors d'une conférence.

L’association étudiante "Les mardis de l’ESSEC" recevait ce 7 janvier 2025 Rahim Redcar, autrefois connu sous le nom de Christine and the Queens. Lors de cette nouvelle conférence, diffusée sur LCP, l’artiste a notamment été interrogé sur ses différents noms de scène.

Christine and the Queens : une identité malléable dès le départ

Le chanteur a alors rappelé que dès son premier album Chaleur humaine, qui a été un immense succès, il était question de changer d’identité. Dans la chanson IT, "je parle déjà de m’emparer du masculin pour moi-même", explique celui qui a "traversé un épisode de désespoir" à l’âge de 20 ans. À cette époque, "la musique m’a vraiment sauvé la vie", affirme-t-il. Celui qui a trouvé temporairement refuge avec Christine and the Queens est ensuite devenu Chris pour son deuxième album en 2018 : "Je voulais me libérer du Christine parce que je voulais m’approcher du masculin". L’année suivante, le décès de sa mère a été un choc et un tournant : "Ça a été une grande étape de ma vie. Ça m’a fait pousser plus loin la quête de la musique et de mon identité".

L’origine de Rahim Redcar enfin expliquée

Après avoir publié un troisième album sous le nom de Redcar en septembre 2022, l’auteur-compositeur a aussitôt enchaîné avec Paranoia. Angels. True Love. Sorti neuf mois plus tard, cet album a été publié sous le nom d’artiste Rahim Redcar. Et l’écriture de cet opus, qui est une sorte de pop opéra expérimentale, a perturbé la star française qui a fait appel à la spiritualité : "Rahim est arrivé pour moi comme un prénom guérisseur quand j’ai fait un voyage chamanique pour comprendre ce qui était en train de m’arriver : j‘écrivais délibérément pour célébrer les morts et chercher à franchir un dégoût de cette vie matérielle. Et une certaine suspicion que, peut-être, mon masculin était mon devenir et que j’allais devoir m’émanciper de mon corps de femme tout en y restant avec amour".

Le chanteur donne son point de vue sur l’identité des artistes

Celui qui produit désormais "des poèmes musicaux", résume son évolution (inspirée par les personnages de David Bowie) de la manière suivante : "Si vous voulez me comprendre en tant que personne, peut-être il faudrait écouter chronologiquement. C’est pas vraiment une armada de personnages, chez moi. C’est plutôt des étapes de devenir. Christine, j’y pense, mais c’est mon passé. C’est ma première itération. Et Rahim Redcar, c’est, j’espère, la personne que je resterai. Je ne sais pas si j’aurai beaucoup de noms encore. J’ai l’impression qu’on va vers une stabilisation et un ancrage". Il conclut en évoquant la "multidimension" de son identité : " Elle n’a pas toujours été comprise, ce que je comprends. (…) Elle crée de la tension, de la résistance. Comme si la poésie qu’on lit depuis des siècles – et le chemin des artistes qu’on a connus aussi – ne pouvaient pas ruisseler sur nous-même. (…) C’est pas toujours facile d’expliquer l’art. C’est même effrayant, parfois".

Par
Hugo Mallais