« Personne ne va m’effacer ! » : Pascal Obispo en guerre contre Élie Chouraqui, metteur en scènes des Dix Commandements

Publié le 4 octobre 2023 à 12:57
Pascal Obispo va lancer nouveau spectacle créé à partir des chansons de la comédie musicale culte, qu'Élie Chouraqui tente de faire interdire.

Les 10 Commandements : l’Envie d’aimer, c’est le nom du nouveau spectacle de Pascal Obispo, dont la tournée est prévue pour 2024. L’artiste s’était opposé – en vain – au retour de la comédie musicale mise en scène par Élie Chouraqui dans les salles de concert en 2016, fait sans son accord. Aujourd’hui, Élie Chouraqui tente à son tour d’empêcher le projet de Pascal Obispo de voir le jour, puisqu’il prépare de son côté un retour des Dix Commandements en 2025 à l’occasion des 25 ans du spectacle. "J’ai mis ma maison et mon catalogue de ciné au clou, ce spectacle, je l’ai porté artistiquement et financièrement, en prenant des risques énormes", s’indignait-il sur Facebook en août dernier après avoir envoyé une mise en demeure à la société de production.

Les deux hommes avaient fait équipe il y a plus de vingt ans avec Les Dix Commandements, qui a rassemblé 1,8 million de spectateurs jusqu’en 2006. "Au début, tout se passe bien, et puis l’argent arrive et, là, ça devient une catastrophe", confie le metteur en scène dans Le Parisien, qui a saisi la justice pour contrefaçon du droit d’auteur, contrefaçon sur la marque, concurrence déloyale et parasitisme. Il déplore également que dans les médias, le nouveau spectacle de son concurrent soit présenté comme "le retour de la comédie musicale culte".

De la comédie musicale originale, Pascal Obispo n’a conservé que les chansons "dont il est le compositeur et le propriétaire", explique Albert Cohen, co-producteur de ce nouveau spectacle et de celui de l’an 2000. "Je déplore que l’on informe la presse avant nous, mais cela ne me surprend pas venant de notre interlocuteur, qui tente de faire un mauvais bruit à notre désavantage", ajoute-t-il. Ce nouveau show, pour lequel Pascal Obispo a écrit des titres inédits, est présenté par son créateur comme totalement nouveau au niveau de la mise en scène, des chorégraphies et de l’histoire. Mais Élie Chouraqui estime que les chansons du spectacle d’origine sont "indissociables" de la comédie musicale qu’il a mise en scène.

Il réclame ainsi 426000 euros de dommages et intérêts ainsi que "l’interdiction d’exploitation de ce spectacle et de l’utilisation de la marque les Dix Commandements sous peine de lourdes astreintes", rapportent nos confrères. "On ne joue pas comme ça avec l’âme des autres. Kamel et sa chorégraphie, on l’efface ! Giantito et son décor, Sonia et ses costumes, ils sont aussi effacés ! Moi, on veut m’effacer, mais personne ne va m’effacer ! C’est du pillage. Je suis triste d’être obligé d’en passer par la justice, mais c’est malhonnête", regrette Élie Chouarqui. Si aucun accord n’est trouvé d’ici le 20 octobre, les coauteurs de l’oeuvre originelle se retrouveront lors d’une audience de plaidoirie aura lieu le 7 décembre au tribunal judiciaire de Paris.

Par
Hugo Mallais