On a beau scruter le paysage de ce coin de Camargue, écrasé par la chaleur étouffante de l’été, si on a bien croisé en venant quelques taureaux, des chevaux blancs et des flamants roses, pas de pandas à l’horizon. Ou alors ils se cachent vraiment très bien. En revanche, Julien est bien là. Cheveux longs et bouclés flottant au vent, chemise bariolée laissant voir son torse, collier de perles autour du cou et bracelets aux poignets. Sans oublier les claquettes qui seront remplacées plus tard dans l’après-midi par une paire de sandales. Très hippy chic. Tranquille mais concentré. Panda, c’est lui. Ou plutôt le drôle de héros qu’il incarne dans la série du même nom dont il achève le tournage pour TF1. Un ancien flic adepte d’une vie à la cool tenant une petite paillote en Camargue, obligé de reprendre bon gré mal gré du service, et d’enquêter avec une acolyte nommée Lola (Ophélia Kolb), plutôt pète-sec.
Panda n’a aucun super pouvoir mais des « visions » ou plutôt des intuitions, et des connexions bien particulières avec le monde animal. « Mon personnage s’appelle Pandanoli, d’où ce surnom de Panda, mais bien sûr que pour les gens qui me connaissent, je m’amuse avec mon image » décrypte Julien, sourire en coin. Il fait référence au vidéo-clip Coco Câline où il apparaissait du début à la fin dans une tenue de panda, s’agitant et mimant les paroles de la chanson. Totalement décalé mais parfaitement mémorable. « A l’origine du projet de la série, il y avait l’idée de créer un miroir encore plus caricatural que les propres caricatures que je peux montrer ou verbaliser dans mon travail artistique. Mais en même temps, finalement assez proche de ce que je suis aujourd’hui et de mon changement de vie depuis quelques années. » Le chanteur a notamment quitté la région parisienne où il était venu vivre un temps après sa victoire à Nouvelle Star afin de revenir dans le sud de la France, sa région d’origine, s’installant un peu à l’écart de tout dans les Cévennes.
Mais là, nous sommes au mas du Grès, près de Saint-Nazaire-de-Pézan. La Méditerranée est à quelques kilomètres. L’équipe de Panda a passé trois mois sur place et dans les environs pour mettre en boîte les six épisodes prévus. Au bout de la route ou plutôt du chemin encaissé que nous avons suivi, planté sur un bout de terre ferme au milieu des marais salants, il y a un bâtiment ancien tout en longueur. Une écurie éclairée par un imposant projecteur suspendu à un engin de levage. Aujourd’hui, on tourne l’une des dernières scènes. Le regard en dedans, un peu à l’écart, Julien se concentre. Une vingtaine de personnes – réalisateur, assistants, scripte, maquilleuse, et techniciens – s’agitent autour de lui, et d’Ophélia Kolb qui se tient aussi en retrait. Il y aura une première répétition, puis une seconde. Dans la scène longue et technique, Julien et Ophélia interviennent ainsi qu’un comédien incarnant un gardian. Sans oublier un cheval camarguais très, mais vraiment très patient. « Tu veux que j’enlève les lunettes au début ou à la fin de la scène ? » demande Julien au réalisateur. Une accessoiriste récupère les claquettes du chanteur et lui donne en échange des sandales. Tout le monde est prêt. « On va tourner ! On y va… On fait silence ! Silence » annonce d’un voix forte une assistante. « Excusez-moi, j’ai un problème de vent » lâche, penaud, un technicien en charge du son. Pas grave. On recommence tout. Plan large, plan serré, improvisations… Julien, Ophélia et les autres – dont le cheval – rejoueront la même scène une bonne dizaine de fois pour n’en garder qu’une à l’écran. La meilleure.
Panda prochainement, sur TF1