Mentissa : « Ce qui différencie Vianney d’autres artistes ? Sa générosité ? »

Publié le 18 novembre 2022 à 17:04
Instagram/Mentissa
Mentissa, la flamboyante finaliste de The Voice saison 10, sort enfin son premier album*, véritable cri du cœur d’une jeune fille de son temps.

Sur cet album, vous racontez votre vingtaine mais aussi celles de votre génération. A quoi ressemble-t-elle ?

Mentissa : C’est une montagne russe, avec des hauts et beaucoup de bas. On nous dit que ce sont les meilleures années de la vie, qu’il faut en profiter, qu’il faut voyager, s’amuser, pour ne pas avoir de regret. Et en même temps, c’est une période charnière où l’on passe de l’enfance à l’âge adulte, c’est très stressant pour nous. Mais les bas me permettent de savourer les hauts, ils sont importants aussi.

Sur le premier titre qui porte le nom de l’album, La Vingtaine, vous chantez : "Je fais le bilan d’une vie qui vient à peine de commencer". Elle semble pourtant déjà bien remplie quand on écoute les paroles de vos chansons !

C’est vrai, j’ai vécu déjà beaucoup de choses du haut de mon petit âge. Je me sens un peu comme une "vieille âme" (Rires). Le fait d’avoir participé à The Voice Kids en Belgique, The Voice aux Pays-Bas et en France m’a forcé à grandir et murir plus vite. Je sais qu’il faut que je continue à vivre pour me nourrir mais parfois, je suis fatiguée…

Le temps qui file, les émotions qui défilent, cela semble être des sujets qui vous obsèdent…

Oui, beaucoup. Je trouve que parfois, on ne prend plus le temps de savourer les petites choses. Tout va très vite, on nous répète que « le temps, c’est de l’argent ». C’est toxique au quotidien. Dans le milieu de la musique, il faut toujours sourire, se réinventer sans cesse parce qu’il y a de la nouveauté tous les jours. Parfois, je voudrais appuyer sur pause. Il y a des décisions qu’on prend différemment quand on a le temps. Quand tu commences la création d’un album, il y a plein de questions auxquelles tu n’as pas de réponse : qu’est-ce que je veux raconter ? De quelle manière ? A quoi va ressembler ma musique ? Au fur et à mesure, les réponses viennent et la création prend même une forme thérapeutique. Aujourd’hui, je me sens légitime.

Quand on vous écoute, on ne peut s’empêcher de penser à d’autres modèles de la jeunesse actuelle comme Louane ou Angèle. Ce sont des jeunes femmes qui vous inspirent ?

Oui, Louane plus particulièrement. Elle a eu une vie difficile qui ne l’a pas empêché de s’accrocher et de persévérer. Elle garde le sourire quoi qu’il arrive, elle a quelque chose de très généreux et positif. C’est très inspirant.

Vous évoquez un sujet important sur Balance, la pression que l’on met sur les femmes et jeunes femmes concernant leur poids. Vous l’avez subie vous-même ?  

Oui mais c’était une pression que je me mettais toute seule. C’était devenu handicapant pour moi, je ne me trouvais pas assez mince, Et quand tu fais un métier où tu es sans cesse face au public et à ton image, c’est difficile à vivre. Tu ne profites pas de l’instant présent. Je jugeais mes prestations en me focalisant sur l’aspect physique. J’ai compris qu’il fallait que je cesse avant le crash…

Comment Vianney, votre coach de The Voice et auteur de Et Bam s’est invité sur votre album ?

Il a été présent comme un parrain, sans vouloir être trop intrusif. Il voulait me laisser prendre mon envol, que j’apprenne aussi par moi-même à écrire et composer seule mais toujours en étant là pour prodiguer des conseils. J’ai eu de la chance car il m’a offert un second titre, Mamma Mia, l’un des plus forts de l’album…

Vous avez fait ses premières parties tout au long de cette année. Qu’avez-vous appris à ses côtés ?

Le lâcher prise et la générosité. Il est généreux avec tout le monde, que ce soient ses équipes, son public, sa communauté de fans. Il prend le temps pour chacun. C’est ce qui le différencie de tant d’autres.

Interview Amandine Scherer

* La Vingtaine (Tôt ou tard). Album disponible le 18 novembre.  

 

 

 

 

 

 

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