Marguerite (Star academy) : « Lire des insultes, c’est violent »

Mis à jour le 9 janvier 2026 à 11:31
Starface
L’ex-Star académicienne Marguerite prend son envol et se dévoile à travers six titres pop très prometteurs. Interview.

Votre EP Grandir est décrit comme "des petits bouts de vous". C’est la meilleure définition ?

Marguerite. Oui, complètement. Ce sont vraiment six morceaux de moi, comme un autoportrait. Je crois qu’il y a une forme d’affirmation dans chaque chanson. Elles racontent mes doutes, mon envie d’avancer et de trouver ma place.

Ce titre, Grandir, évoque autant votre évolution personnelle que votre parcours artistique ?

Exactement. J’ai changé de vie, de métier, d’habitudes, de quotidien. En tant qu’artiste, ce premier projet est un pas immense : je découvre ce métier et j’y grandis un peu plus chaque jour.

Quels sujets abordez-vous dans cet EP ?

La famille, les rapports amoureux, le désir, le féminisme, la question du genre, la compétition… Ce sont des thèmes de société mais aussi très personnels.

La chanson La Fée porte le surnom que vos parents vous donnaient enfant…

Oui. J’aimais l’idée d’utiliser ce mot chargé d’imaginaire pour déconstruire l’image parfaite qu’on peut projeter sur une "fée". C’est une façon de parler de ce qu’on attend des femmes, en bien comme en mal, et de permettre à des gens de se poser des questions dans l’intimité de leur chambre, avec leurs écouteurs. La musique m’a énormément aidée quand j’étais ado, et elle m’aide encore beaucoup aujourd’hui. Il y a quelque chose de réparateur.

"Les filles, les meufs" : "J’aurais aimé l’entendre quand j’étais plus jeune…"

Vous parlez souvent de sororité et de sécurité entre femmes, notamment dans votre premier single Les filles, les meufs, qui a connu un succès fulgurant…

C’est essentiel. Ce titre est à la fois un constat et un manifeste féministe. Je me suis dit que c’était une chanson qui pouvait faire du bien. Son succès a été très surprenant, parce que c’est rare. C’est un vertige. Elle est née en une journée, comme une évidence. Elle a été presque plus forte que moi, je crois.

Était-ce important pour vous de vous présenter par le prisme de votre bisexualité ?

Pas spécialement, dans la mesure où je n’avais jamais ressenti le besoin "d’annoncer" quoi que ce soit. Je voulais sortir cette chanson en premier parce qu’elle était ma préférée et que j’aurais aimé l’entendre quand j’étais plus jeune. À partir du moment où j’ai compris ça, je me suis dit : "il y a peut-être des gens qui ont besoin de l’entendre, que ce soient des garçons, des filles, des personnes hétérosexuelles, bisexuelles…". C’est une chanson qui peut faire du bien.

Comment a-t-elle été reçue par vos proches ?

Très bien. Ils m’ont dit : "C’est vraiment toi".

Le clip de ce titre a suscité des critiques sur votre apparence. Comment l’avez-vous vécu ?

Ce qui dérange les gens, ce n’est pas qu’une femme se maquille ou pas, c’est qu’une femme fasse ses propres choix. Personne ne publierait ce genre d’insultes sous une photo de Vianney… Alors, quand ça arrive, je verse quelques larmes et je continue à me battre. Lire des insultes, c’est violent, mais je préfère soulever ces questions plutôt que chercher à plaire.

"C’est grâce à la Star Academy que je fais ce que j’aime aujourd’hui"

Dans la chanson Première dauphine, vous faites l’éloge de la "lose". Pourquoi ?

La chanson est née d’une interview où le comédien et humoriste Hakim Jemili disait être heureux pour les autres. Dans le théâtre comme dans la musique, on vit des refus et des échecs. J’avais envie de dire qu’on peut être heureux même quand on n’est pas au centre de l’attention. Être capable de vivre ensemble et de se célébrer les uns les autres : voilà tout ce qui compte.

Votre passage à la Star Academy a été décisif. Quel regard portez-vous aujourd’hui sur cette expérience ?

C’est grâce à cette émission que je fais ce que j’aime aujourd’hui. J’ai hâte de suivre la nouvelle saison et de voir d’autres artistes vivre cette aventure.

La tournée approche. Qu’est-ce que cela représente pour vous ?

La scène, c’est ce que je préfère. Retrouver le public, partager une énergie commune… j’ai profondément hâte.

Vos frères, très présents au début de l’aventure, continuent-ils de vous accompagner ?

Oui, ils me soutiennent énormément. Certains travaillent même avec moi. On forme un clan, et je mesure ma chance. 

Grandir (Sony Music/Columbia/Hotline), EP disponible le 26 septembre.
En tournée dès l’automne : le 1er décembre à la Maroquinerie et le 24 mars à la Cigale (Paris).

Par
Amandine Scherer