Le rappeur Rilès les pieds « en sang » après sa course de 24 heures : « J’avais peur de faire un malaise »

Publié le 11 février 2025 à 6:20
Berzane Nasser/ABACA
Vingt-quatre heures de course sans s'arrêter, et en public : c'est l'exploit fou relevé par le rappeur Rilès ce week-end à Paris, à l'occasion de la sortie de son album Survival Mode.

"Pluridisciplinaire", voilà comment se décrit Rilès, 29 ans, après avoir scié le grand public et la sphère médiatique internationale ce week-end. À partir de midi ce samedi 8 février, le rappeur et chanteur a couru non-stop pendant 24 heures sur un tapis de course à l’espace Commines du troisième arrondissement de Paris, à l’intérieur d’une cage en verre. Le tout sans musique dans les oreilles, ni film devant les yeux, et des pauses pipi à l’arrêt, mais toujours sur le tapis.

Un "coup marketing" et un "message de dépassement de soi"

Derrière lui, trois scies circulaires géantes tournaient (lentement, à cause d’un problème technique, ndlr), pour symboliser le temps qui passe – son fil rouge et obsession depuis le début de sa carrière – mais surtout pour illustrer le titre de son deuxième album Survival Mode, sorti le 10 janvier et entré directement numéro un des ventes d’albums en France. "Si j’avais fait un malaise, j’aurais pu taper une scie mais il n’y aurait pas eu de danger mortel", confie l’artiste de 29 ans au Parisien, qui raconte avoir relevé le challenge grâce au soutien de ses amis et de son épouse. Pour le soutenir, l’entrée était gratuite. La salle était quasi vide au départ, et bondée à l’arrivée. En ligne, 2,2 millions d’internautes au total ont suivi en direct sa performance sportive et artistique. "C’est toujours des coups marketing. Mais la première raison, c’était d’accompagner l’œuvre sonore d’une œuvre visuelle, pour véhiculer mon message de dépassement de soi et de survie. (…) Je ne m’attendais pas à un tel engouement. J’ai l’impression que je suis entré dans une autre dimension", réagit Rilès, "vraiment soulagé", n’ayant jamais couru aussi longtemps sans s’arrêter. À peine les 24 heures écoulées, Rilès a enchaîné avec le tournage du clip – sur place, au milieu de la foule – de son nouveau single Dead or alive, dévoilé ce 11 février.

Rilès affaibli par une insomnie avant son Survival Run

Malgré ses trois années d’entraînement, rien ne s’est passé comme prévu pour celui qui a souffert mentalement dès la sixième heure de son défi, à cause d’une insomnie due au stress avant le jour J : "Cela a été plus dur que prévu (…), je n’avais jamais été au-delà de douze (heures). J’ai couru moins vite que j’espérais, à 9,5 km/h. (…) La 22ème heure a été affreuse. Je ne sentais presque plus mes mains et j’avais peur de faire un malaise. Moi qui ne vomis jamais, j’ai vomi en avalant une datte. Après je n’ai pris que du gel pour m’alimenter. (…) J’avais un sacré poids sur les épaules. J’avais extrêmement peur de ne pas tenir ma parole". Quant aux douleurs physiques, elles ont été minimes, à la tête et aux jambes à partir de minuit. Pourtant, ses pieds sont dans un affreux état. "Quand les médecins ont enlevé les chaussures, ils étaient en sang, avec de grosses cloques. (…) Mais ma course, au sens propre comme figuré, n’est pas finie…", prévient celui qui a perdu beaucoup de masse musculaire ces dernières années avec cette nouvelle discipline. 

Par
Hugo Mallais