Avec le temps, votre public s’est élargi, ce qui est rare dans une carrière. Comment l’expliquez-vous ?
Julien Doré Par le langage de mon spectacle. Je pense que bon nombre de spectateurs avaient vu la tournée précédente. Ils m’entendent parler de la vie, du monde, connaissent mon regard sur les choses, sur l’enfance. Quand ils viennent voir le show, ils retrouvent dans ma mise en scène cette transmission, ce mélange de nostalgie et d’espoir qu’ils peuvent partager avec leurs enfants, avec leurs mamans.
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Au-delà de votre musique, le public aime qui vous êtes. Il y a encore quelques années, en interview, vous ne parliez que très peu de vous. Quand vous êtes devenu papa, vous n’osiez même pas me le dire vraiment. Puis, quelque chose a changé. Aujourd’hui, vous êtes à l’aise avec tout ça…
C’est vrai que j’ai partagé mes joies et mes peines avec pudeur. Mais je ne l’ai pas mise de côté, cette pudeur… Pendant longtemps, j’avais cette peur que ma passion, mon métier, grignote ou dévore les choses les plus intimes de ma vie. Mais, en fait, au contraire, ce sont elles qui nourrissent ce que je transforme ensuite en chansons, en spectacle. On est plein à les vivre de la même façon et à avoir envie d’en parler ensemble. Et le jour où j’ai compris ça, je n’ai pas ôté la pudeur, mais j’ai juste amené les choses comme je me sentais capable de les partager. Et tout est beaucoup plus simple, beaucoup plus beau, aujourd’hui, parce que justement, ces choses intimes, les peines, et l’immense joie, aussi et surtout, sont tellement importantes dans la vie d’un être humain ! La tendance que j’avais à les mettre sous le tapis pour qu’elles ne soient pas sues, vues ou lues, n’était pas forcément le bon choix. Et à l’inverse, il y a une tendance aujourd’hui, peut-être nécessaire chez les artistes, à ultra-communiquer sur des douleurs, les accidents de la vie, sur une santé mentale parfois difficile, etc. Alors, si ça leur est utile, tant mieux. Mais je trouve que parfois, ça se transforme en une promotion de la peine. Et j’avoue que là, j’ai l’impression que la pudeur n’est plus au bon endroit. Mais, c’est ma sensibilité. Encore une fois, si ça leur fait du bien, tant mieux. Mon dosage à moi, c’est que je le fais avec humour, parfois, sur mes réseaux sociaux ;avec tendresse, lorsqu’on aborde un sujet qui va me toucher parce qu’effectivement, il éveille une peine ; et puis avec poésie, dans mon spectacle.
L’interview de Julien Doré est à lire en intégralité dans le nouveau magazine Télé 7 Jours. Disponible dans les kiosques dès ce lundi 3 novembre.