Julien Doré évoque avec émotion la disparition de sa mère : « J’ai retrouvé un message vocal d’elle »

Mis à jour le 8 janvier 2026 à 17:31
SYLVAIN GOLEDZINOWSKI (SAYEM) / SUPERPROD /TF1
Julien Doré publie un album de reprises au titre provocateur : Imposteur. L’occasion d’aborder avec lui son ascension fulgurante depuis Nouvelle Star, en 2007, et le chemin parcouru pour croire en lui.

Votre premier album, sorti en 2008, s’appelait Ersatz, et celui-ci, Imposteur… On en parle ?

Julien Doré (Rires) Je m’en suis rendu compte, récemment. Pour Ersatz, il y avait l’idée d’une reproduction un peu fausse, avec, c’est vrai, un peu de dévaluation par rapport à moi même. Pour Imposteur, ça part d’un moment où je fouille sur Internet, je tape mon nom et « 2007 », et je tombe ur des articles de presse, dont un qui avait pour titre : « Julien Doré : génie ou imposteur ? » Et clairement, il me défonçait. (Rires) J’ai donc trouvé qu’Imposteur, c’était quand même très classe comme nom ! Surtout que, quelques jours auparavant, j’étais en studio avec Sharon Stone et Francis Cabrel. J’avais en tête cette matière artistique, qui est − pas solide, ce serait prétentieux − belle, pour moi. Vraie. Puissante. La mise à distance avec ce nom prenait un vrai sens pour moi, à ce moment-là.

Pourquoi sortir ce projet avec tant de références à vos débuts, maintenant, sans anniversaire particulier ?

Je l’ai en tête depuis mes quinze ans de carrière. Quand je suis chez moi, que je n’écris pas, je ne joue pas mes morceaux. Je prends les accords d’une chanson d’un autre et je m’amuse. J’enregistre ces fragments sur mon téléphone. La liste s’est allongée, et je me suis dit que ce serait bien d’en faire quelque chose. Je terminais la tournée de l’album Aimée (2022), un disque sur lequel j’avais poussé l’écriture et la composition. Il y était question de transmission, et j’étais dans un cycle où je devenais papa, puis j’ai perdu ma mère, ma grand-mère. J’avais dit tant de choses dans ces chansons. Je savais qu’au moment de reprendre l’écriture, ça ne fonctionnerait pas. Donc, en fin de tournée, je pars sur ce projet d’album de reprises. Ça s’est fait en plusieurs fois. La première session de travail s’est très bien déroulée. Mais la deuxième, pas du tout. J’étais sûr de faire une bêtise. On s’est mis à écrire de nouvelles chansons. Dans un axe nouveau, fou, incroyable. Ce sera la suite, mon prochain album. Je crois que j’avais besoin de réveiller quelque chose en moi, pour mieux repartir sur ce projet. Je savais, à cet instant, que c’était le bon moment, et que je le faisais pour les bonnes raisons.

"Je me souviens très bien de l’enregistrement des Yeux de la mama"

Lesquelles ?

Remuer, une dernière fois, une nostalgie qui me fait du bien. Me souvenir de Nouvelle Star, de ce hasard, cette porte qui s’entrouvre, je rentre, on me demande de repartir, je re-rentre et je reste sans trop savoir pourquoi. Dix-sept ans après, je suis là. Imposteur, c’est une manière de poétiser ces souvenirs-là, c’est aussi raconter une putain de naissance ! C’est grâce à Nouvelle Star, tout ça. J’ai aimé ce cocon où l’on m’a permis d’être qui je suis, à un moment de ma vie où j’étais persuadé de ne pas être aimé.

Les décès de votre maman, de votre grand-mère, la naissance de votre fils… C’était plus simple d’aborder ces sujets avec les chansons des autres ?

Pour ma mère, en tout cas, oui. Je me souviens très bien de l’enregistrement des Yeux de la mama, de Kendji. Après une longue quête, j’avais retrouvé un message vocal d’elle. Je l’ai mis en ouverture. Je crois que ça m’a permis de faire mienne cette chanson. Mais je ne pense pas que le choix d’un album de reprises correspondait à un questionnement, celui de savoir verbaliser ou non le fait d’être devenu papa, d’avoir perdu ma grand-mère et ma mère…

L’interview de Julien Doré est à lire en intégralité dans le nouveau magazine Télé 7 Jours. Disponible dans les kiosques dès ce lundi 4 novembre.

Par
Jérémy Parayre