Julien Clerc évoque avec émotion ses enfants : « Je suis inquiet pour leur avenir et le monde dans lequel on vit »

Publié le 21 mai 2025 à 12:01
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L’amour, la paternité, le décès de son frère, autant de thèmes qui constituent "Une vie", le nouvel album du discret chanteur. Rencontre avec Julien Clerc.

La sortie de ce nouveau disque a été marquée par un premier titre bouleversant, "Les parvis", qui évoque cette scène dont tout le monde se souvient : les pas de danse de Stéphane Voirin, autour du cercueil de sa compagne Agnès Lassalle, poignardée par l’un de ses élèves en 2023…

Je dois vous avouer que je ne connaissais pas cette histoire. Quand Paul Ecole m’a envoyé le texte de la chanson, je ne me suis pas rendu compte tout de suite de sa puissance. J’ai failli passer à côté même…Jusqu’à ce que Paul me montre la vidéo de ce moment. Il a écrit des mots merveilleux.

Julien Clerc : il évoque avec émotion ses enfants

Avez-vous peur de L’avenir comme dans la chanson écrite par Gaëtan Roussel qui parle de la fragilité du bonheur ?

Ma vie amoureuse ne m’angoisse pas du tout. Avec Hélène (Grémillon), nous formons un couple fusionnel, très uni avec une suffisante différence d’âge (ndlr : elle est de 30 ans sa cadette) pour que, justement, les choses soient plus faciles. Je suis plus inquiet pour l’avenir de mes enfants et le monde dans lequel on vit. Je pense qu’il va se passer des choses terribles mais que je ne serai plus là pour le voir.

Julien Clerc : son hommage musical à son frère décédé

Didier Barbelivien signe Un père c’est fait pour ça. C’est vous qui lui avez demandé d’écrire sur la paternité ?

Non, je lui ai demandé un texte sur un vieux type qui vit avec une jeune ! Suivez mon regard (Rire). Le pauvre l’a fait mais pas très bien. On passait le réveillon ensemble, il a vu que sa chanson ne me plaisait pas. A la fin du repas, il est parti. Deux heures plus tard, il avait écrit ce très beau texte sur un père qui console sa fille.

Cela vous est-il arrivé ?

Non, personnellement, je ne me souviens pas que mes filles aient pleuré un jour sur mon épaule, mais j’ai compati à leurs chagrins. Cette chanson donne une belle image du père que j’aurais pu être et elle parlera à tous les papas.

Le titre Saint-Nazaire évoque votre frère, Gérard Leclerc, tragiquement disparu dans un accident d’avion le 15 août 2023. Cette chanson vous a-t-elle aidé à faire votre deuil ?

Je ne ferai sans doute jamais mon deuil sur une mort aussi mystérieuse. Je suis convaincu que mon frère a rencontré un problème de pilotage mais une partie de la famille préfère penser qu’il a fait un malaise. Cette chanson exprime parfaitement la relation et la complicité que j’avais avec mon frère. Nous n’avions que quatre ans d’écart, nous avons partagé la même chambre, c’était le compagnon de mon enfance et de mon adolescence.

Est-ce que vous vous rappelez la première fois où vous l’avez chantée ?

Oui, c’était devant quelques amis, au piano. J’ai pleuré. Mais je pense que le choc viendra en public, sur scène. L’important c’est que cette chanson existe et qu’elle ne soit pas ratée. Ce n’est pas une balade pleurnicharde et pathos, c’est une chanson entrainante qui lui ressemble.

Une vie (Parlophone) En tournée en 2026 et 2027.

Par
Corinne Calmet