Pourquoi un album tout en français, et pourquoi maintenant ?
Mika C’est quelque chose que je voulais faire depuis très longtemps. Ça arrive maintenant pour plusieurs raisons. Certaines très profondes, dark, et d’autres plus légères. Commençons par le sérieux. Cette partie francophone, française de ma vie, a pris de la place. Elle a évolué au fur et à mesure des années. Je lui ai permis de le faire, en tout cas, d’une manière différente des autres cultures en moi. Andy, mon conjoint, se partage entre l’Angleterre et la Grèce, et j’ai une autre vie avec une autre équipe, dans un sens, en Italie. Ensuite, il y a toute ma vie américaine, qui est très installée, avec toute ma famille. Mais la partie francophone, c’était quelque chose qui m’appartenait, à moi et à ma mère, décédée en 2021.
L’album s’appelle Que ta tête fleurisse toujours, paroles du single C’est la vie, qui est en rapport avec votre mère. Son décès est-il le point de départ de ce disque ?
J’ai réalisé tout ça plus tard, vers la fin de la conception, quand je me suis rendu compte du dernier cadeau qu’elle m’a fait. Ma mère, c’est quelqu’un qui m’a formé, qui m’a donné des cours d’interprétation, de chant, cinq heures par jour. On voyageait ensemble dans notre Toyota Previa. On dormait dehors. On allait dans les stations-service d’autoroutes, en Angleterre, on prenait le petit déjeuner, on se brossait les dents et ensuite on allait travailler. Le dernier cadeau qu’elle m’a fait, c’est un dessin sur lequel elle avait écrit : « Que ta tête fleurisse toujours. » C’est à la fois un cadeau et aussi une énorme provocation. Parce que ça voulait dire : « Si tu ne le fais pas, c’était pour quoi, tout ça ? »
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Qu’est-ce que cela veut dire pour vous ?
Dans les rapports qu’on a avec ses parents, quand on a été formé en partie par eux, poussé par eux, et que l’on travaille ensemble, il y a toujours une tension. Il faut, à un certain moment, que cette énergie-là se transforme. Il faut la métaboliser, faire la paix avec. Parce qu’il y a du bon là-dedans, mais aussi du moins bon. C’est une pression.
Et la raison plus légère de cet album ?
(Rires) C’est le lâcher-prise qui vient avec la quarantaine ! Je suis heureux. Si quelqu’un avait pu me dire, à 25 ans, que je me sentirais comme ça à 40, je me serais lâché avant ! Je me sens plus capable de profiter du moment et, bizarrement, de me reconnecter à tout ce que je ne me suis pas permis de faire avant. Plus adulte, donc, mais plus fun.
Dans les textes, on ressent ce lâcher-prise. La chanson Moi, Andy et Paris, par exemple, est aussi très intime. Vous l’auriez faite avant ?
Non. Je n’aurais pas voulu gérer les conséquences, parce qu’il y en a. Il n’est pas content de cette chanson. Et il a le droit de ne pas l’être. J’y mets quelque chose de mon intimité et de la sienne. C’est assez gonflé de penser que j’ai le droit de le faire. Mais je veux l’inclure dans mon écriture, parce qu’il fait partie de ma vie. L’amour, quand on est connu, sous-entend que l’autre doit vous partager avec le public ? Ce n’est pas aussi simple que ça. Dans mon cas, on en revient à cette idée d’être passager. Il est anglais et se retrouve dans une sorte de « relation à trois », en permanence. Parce que j’ai toute une vie en France. Il vit la même situation quand je suis en Italie. Et ce n’est pas simple à gérer. Pas du tout. C’est beaucoup de liens qui se sont formés, des amitiés de vingt ans, et ce n’est pas facile pour lui. Mais en en parlant, ça « désarme » la chose.
L’interview complète de Mika est à lire en intégralité dans le prochain magazine Télé 7 Jours. Disponible dans les kiosques ce lundi 27 novembre.