En soutien aux migrants, Bigflo & Oli boycottent la Tunisie comme Gims

Publié le 3 août 2023 à 5:40
David Niviere/ABACAPRESS.COM
Alors qu’ils devaient se produire mercredi soir à Carthage, les deux frères ont finalement décidé de reporter leur concert en raison d’une décision polémique tunisienne.

La grande fête prévue au Festival de Carthage devant plus de 4 000 personnes n’a finalement pas eu lieu. Quelques heures à peine avant de monter sur scène pour retrouver leurs fans tunisiens, les rappeurs Bigflo & Oli ont annoncé que le concert tant attendu était reporté à une date encore inconnue. "On a beaucoup parlé entre frères. Nous ne voulons pas faire le show à Carthage ce soir en ayant connaissance de la situation actuelle. On reporte le concert (….) On se faisait une joie de vous rencontrer (…), promis on viendra vous voir", a écrit le duo sur Instagram en se disant "désolé" pour tous ceux qui comptaient assister à cet événement.

Cette décision radicale a été prise par les deux frères en raison de la situation dramatique des migrants d’Afrique subsaharienne en Tunisie. Le pays les expulse en effet vers les frontières de la Lybie et de l’Algérie et beaucoup d’entre eux se retrouvent bloqués sans la moindre aide en plein désert. Une décision polémique en partie liée aux rixes qui ont coûté la vie, début juillet, à un Tunisien dans la ville de Sfax, point de départ de l’émigration vers l’Europe.

La réaction de Gims 

"Plusieurs [migrants] sont morts à la frontière avec la Libye et des centaines, dont des femmes enceintes et des enfants demeurent, selon des informations, coincés dans des conditions extrêmement difficiles avec peu d’accès à de l’eau et de la nourriture", a dénoncé Farhan Haq, un des porte-paroles d’Antonio Guterres, le chef de l’ONU.

Les Toulousains de Bigflo & Oli ne sont pas les seuls à ne plus vouloir se produire en Tunisie pour le moment. Gims a en effet pris la même décision il y a trois jours seulement. "Des enfants, des femmes, des hommes, expulsés de la Tunisie vers la Libye, vivent dans des conditions inhumaines. Je ne peux maintenir ma venue en Tunisie, prévue le 11 août prochain. Je ne sais pas où sont les solutions. Mais cette détresse extrême est insoutenable", a-t-il écrit.

Clara Kolodny

Par
Clara Kolodny