Quelle est la fois où vous vous êtes sentie la plus à nue dans votre carrière ?
Je crois que c’était lors du shooting de la pochette de mon troisième album. Initialement, il était prévu que je porte de jolies tenues à paillettes et des costumes, mais, sur le moment, j’ai choisi de porter un simple débardeur blanc, les épaules nues. À ce moment-là de ma vie, je venais juste de devenir maman, et cela me semblait être la seule tenue qui me correspondait. En réalisant ces photos, je me suis dit : "Waouh, c’est incroyable d’être aussi nue, dépouillée d’un vrai stylisme fort, pour la pochette de ce disque." Mais en même temps, je l’ai pleinement assumé et j’en suis très fière. C’était exactement ce qu’il fallait pour cet album.
Depuis la sortie de Mon sang, vous est-il arrivé d’être l’ombre de vous-même ?
Pas vraiment. Le moral est au beau fixe. Je suis très heureuse d’avoir repris ma carrière là où je l’avais laissée, et particulièrement de repartir en tournée. Ces jours-ci, je ma sens bien plus dans la lumière que dans l’ombre.
Clara Luciani : "J’ai été moquée pour ma taille et d’autres détails"
La Grenade est une métaphore de puissance et de force. Vous souvenez-vous de la toute première fois où votre grenade a explosé ?
Assez tôt dans ma vie, en fait. Enfant et adolescente, j’ai été moquée pour ma taille et d’autres détails. Au lycée, j’ai commencé à répondre à ces moqueries et à m’affirmer. C’est là que j’ai pris conscience de ma force. Ce moment précis a marqué mon éveil, mon "explosion" personnelle (rires).
Avec toute la popularité que vous avez, parvenez-vous encore à être seule ?
Je crois que deux choses sont presque impossibles quand on devient parent : la solitude et la paresse. Ces concepts n’existent pas beaucoup dans mon emploi du temps actuel, mais ce n’est pas grave. Ce sont des choses que je retrouverai plus tard. Pour l’instant, ce ne sont pas les maîtres-mots de 2025…
Vous avez souvent évoqué votre appréciation de la solitude au moment où vous alliez la perdre. Apprécie-t-on davantage les choses quand on sait qu’on va les perdre ?
(Elle sourit) Oui, il y a un peu de ça. On apprécie souvent ce qu’on est sur le point de perdre ou ce qu’on n’a pas. Désirer ce que l’on possède déjà, c’est presque impossible, car c’est le propre du désir. Donc oui, la valeur des choses se révèle souvent quand elles nous échappent.
Dans votre parcours, tout roule-t-il comme vous le souhaitez, ou y a-t-il des virages ?
Tout roule ! Mais bien sûr, il y a aussi des virages, des roller coasters, et c’est ce qui rend la vie si riche. Si tout était simple et parfait, on s’ennuierait. Moi, j’aime ces aspérités. Elles sont comme des défis que j’essaie de relever. Les virages ? J’ai mon permis, je suis prête (rires).
Quel sentiment prédomine dans votre cœur à l’approche de la tournée ?
L’excitation, et surtout l’impatience de retrouver le public. C’est avec eux que ma musique prend tout son sens. Enregistrer des albums, c’est merveilleux, mais c’est sur scène qu’ils prennent vraiment vie. Les années Covid ont été difficiles, car nous avons été privés de cela.
Au programme : une tournée, un nouvel album, un film, être marraine de la Star Ac, un bébé… Où puisez-vous le courage de tout faire ?
Ce qui me demanderait du courage, ce serait de ne rien faire. J’ai besoin d’être hyperactive pour être heureuse. J’ai toujours eu beaucoup d’énergie. Ma sœur me dit souvent : "Je ne te vois jamais t’asseoir ou juste te poser…"
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La chanteuse évoque ce "monde étrange"
Nous sommes en 2025. Diriez-vous que nous vivons toujours dans une drôle d’époque ?
Oh que oui, mais pour des raisons différentes de celles qui m’ont inspiré cette chanson. C’est un monde étrange, mais cela donne encore plus de sens à mon métier. Pouvoir offrir une échappatoire, même temporaire, à travers la musique, c’est précieux.
Si vous deviez choisir une fleur pour représenter votre univers musical, laquelle choisiriez-vous et pourquoi ?
Je choisirais la rose. Elle est belle, elle sent bon, et elle semble douce, mais si on essaye de l’approcher trop près, elle pique. Selon moi, c’est la seule fleur qui allie douceur et brutalité.
Dans Dernière fois, ou Au revoir, vous parlez beaucoup de la fin, que ce soit en amour ou dans votre travail. Est-ce une idée qui vous effraie ?
Oui, la fin, pour moi, c’est la mort, et elle me terrifie. J’ai une grande conscience de ma mortalité, et cela m’angoisse. Peut-être que c’est pour cela que j’écris autant de chansons. La musique me donne l’impression d’une petite immortalité : ma voix survivra, gravée sur un disque ou en streaming. C’est une pensée qui me réconforte.
Vous arrive-t-il d’imaginer vos au revoirs au public ?
Tout le temps ! Je suis un peu défaitiste, alors je me dis que chaque concert pourrait être le dernier. Cela me pousse à donner le meilleur de moi-même à chaque fois. Je sais combien c’est une chance incroyable de vivre de ce métier.
Qu’est-ce qui coule dans votre sang en tant qu’artiste : l’amour, la passion ou la création ?
Un peu des trois, mais je dirais que l’amour est le plus présent. Je suis une grande amoureuse de l’amour. C’est ce qui motive presque tout ce que je fais dans la vie.