Dans le clip de Pardonne-moi, on voit les lettres TDAH. Pouvez-vous expliquer ce que c’est, pour ceux qui ne connaissent pas ?
Le trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité se caractérise par un gros manque de concentration. Ce n’est pas un choix, c’est très difficile. On ne peut pas le contrôler. Ça crée une instabilité émotionnelle. On a un besoin d’une attention qui est vraiment énorme. Et en ce qui me concerne, il s’accompagne d’hyperactivité, qui se traduit par énormément d’agitation. Ça impacte ma vie de tous les jours. Mais j’ai beaucoup de chance, car, aujourd’hui, je ne le cache plus et je suis entourée de gens qui le comprennent. Ils m’aident beaucoup.
À quel âge avez-vous été diagnostiquée ?
À 8 ans. À l’époque, on ne comprenait pas trop. Quand on parlait d’hyperactivité, on voulait me scotcher à une chaise. Et ça, c’est vraiment une idée de merde ! Après, j’ai eu un peu de médicamentation, puis j’ai arrêté assez jeune. Il y a des enfants sur lesquels ça marche très bien. Ce n’était pas mon cas. Avec le TDAH, ça n’a pas toujours été facile, notamment au collège et au lycée. Aujourd’hui, il y a encore des gens qui me trouvent hyper chiante. Je réponds : « Tant pis, vous n’êtes pas obligés d’être pote avec moi. C’est pas grave. » Je sais, je suis intense.
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Cet album vous a permis d’aborder ce thème, mais aussi celui de la dépression, de l’anxiété, des troubles alimentaires. Vous sentez-vous libérée d’un poids ?
Je ne sais pas. Mais, avant, j’avais peur d’en parler. Notamment à cause de la presse. Et, un jour, je me suis réveillée en me disant que je ne sauvais pas des vies, et que si un gros titre moche sortait, eh bien, je m’en foutais, parce que je sais qui je suis. J’ai ensuite réussi à dire que bien des choses que j’avais vécues étaient graves. Je l’ai fait parce que je me suis rappelée que, petite, j’avais l’impression d’être un alien et que personne n’était comme moi. Je me suis dit que, pour les enfants TDAH et pour leurs parents, ce serait peut-être cool qu’il y ait quelqu’un qui soit en mode :« Salut, je suis neuro atypique, ce n’est pas la fin du monde et on peut très bien s’en sortir. »
Tout part du TDAH ?
Oui. C’est ce qui fait que je suis un peu étonnante, on va dire. Ça, ça ne passe pas trop à l’école, et encore moins avec les camarades. Ça crée du rejet. Qui s’accentue et devient clairement du harcèlement. Petit à petit, ça déborde : troubles alimentaires, anxiété… J’ai fait beaucoup de crises d’angoisse, pendant toute ma vie. Aujourd’hui, j’en fais moins.
Et quand arrive la célébrité, à 16 ans…
C’est le choc. Le chaud qui rencontre le froid. C’est dingue, parce que j’ai commencé à recevoir de l’amour de plein de gens que je ne connaissais pas. Et quand je retournais en cours, j’étais détestée parles autres. Mais j’ai une bonne psy. Je suis suivie depuis mes 8 ans pour le TDAH. Et c’est important de le dire. Il faut aller chercher de l’aide. J’ai fait beaucoup de choses : j’ai vu un pédopsychiatre, dès le début, j’ai fait une psychothérapie, ensuite. Aujourd’hui, c’est plus intense, je fais une psychanalyse. C’est la meilleure chose au monde que l’on puisse faire pour soi. Il n’y a rien de mieux que d’aller voir un psy, une personne neutre, extérieure à votre situation, sans jugement, qui vous aide à vous décharger de ce que vous ressentez. Je le fais aussi pour ma fille. Je ne veux pas que tout ce que je ressens, mes névroses, ma tristesse, mes maux, mes douleurs, ce que j’ai vécu… atterrissent sur ses épaules.
L’interview complète de Louane est à lire en intégralité dans le nouveau magazine Télé 7 Jours disponible dans les kiosques ce lundi 25 septembre.
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— Télé 7 Jours (@Tele7jours) September 21, 2023