Amir revient avec émotion sur le décès de sa mère : « Un élément fondamental qui manque à ma vie »

Publié le 14 septembre 2024 à 6:00
Christophe AUBERT / TELE 7 JOURS
En retrait de la scène musicale depuis deux ans, Amir, qui a vécu drame et bonheur, sources d’inspiration de son nouvel album, a évoqué avec émotion auprès de Télé 7 Jours la disparition de sa maman, décédée d'un cancer en 2023.

Votre chanson Sommet a servi de jingle aux écrans publicitaires de France Télévisions pendant les Jeux olympiques et paralympiques de Paris. Aller plus haut, se projeter vers l’avenir : c’est votre état d’esprit, aujourd’hui ?

Amir Oui, tout à fait. Avant la dimension sportive, il y est question de ma vie, de mes craintes et de ma peur de revenir après un long silence. « On va réussir /On sait comment / Tout va nous sourire » : j’ai choisi ces mots pour me convaincre que tout allait bien se passer. Je suis dans un état d’esprit combatif, comme un guerrier. Je sais que je remets en jeu ma place dans le cœur des gens. C’est un nouveau départ, avec son lot de doutes : qu’est-ce que je vais pouvoir apporter ? Est-ce que je suis toujours utile ? Est-ce que ma musique fait toujours du bien ? Est-ce que je vais retrouver la même envie, le même entrain ? J’ai un million de questions dans la tête, mais je n’ai plus le choix, il faut y aller. Je ne m’attendais pas à retrouver le bonheur dans cet exercice, la musique, aussi vite et aussi naturellement.

Les confidences d’Amir sur le décès de sa maman

Surtout que les deux années qui viennent de s’écouler n’ont pas été faciles pour vous…

Non. La vie m’a forcé à me mettre en retrait. Mais j’ai très envie de renouer avec cette positivité qui me caractérisait et qui rendait mon quotidien merveilleux. J’étais pris dans un tourbillon que peu de gens auraient lâché, mais j’avais des choses primordiales à vivre, loin de la lumière. Je me suis pleinement consacré à ma famille. Ma mère a été touchée par une maladie très grave, un cancer du pancréas. Il a fallu combattre l’idée de la perdre, car d’autres membres de ma famille en sont morts, aller chercher au bout du monde la thérapie qui pourrait la sauver. Nous sommes devenus, ma famille et moi, comme une petite armée, présente pour combler tous ses besoins quotidiens. C’était notre lueur d’espoir dans cette pénombre absolue. On n’a jamais cessé d’y croire, même quand la situation s’est gravement détériorée. En parallèle, je vivais le quotidien et le bonheur d’un jeune papa, dans l’ombre de cette maladie. Et j’ai beau être extrêmement attaché à mon métier de chanteur et à mon public, de nouvelles priorités s’imposaient à moi. Soudain, me réveiller la nuit avec la tendresse de mon fils me reconnectait à la vie. C’était très équilibrant, j’étais heureux de changer des couches et de revenir à quelque chose de très primaire, de très simple.

À quel moment avez-vous retrouvé l’envie de reprendre la musique ?

Après m’être laissé un moment important pour recoller mon cœur brisé (la maman d’Amir est finalement décédée en avril 2023, ndlr). C’est dans la nature humaine d’avancer et de mettre « de côté » certaines douleurs pour créer de nouveaux souvenirs heureux et rassurants. C’est l’instinct de survie. Bien évidemment, il m’a fallu des mois pour renouer avec un semblant de bonheur, car il y a désormais un élément fondamental qui manque à ma vie. Six mois après le départ de ma maman, j’ai commencé à me dire que c’était le moment : non seulement je me sentais prêt à affronter la page blanche, mais j’avais le recul nécessaire pour parler de tout cela en chanson, pour faire un album qui ne serait pas que dans le deuil, mais aussi dans la reconstruction. Je me suis enfermé dans une sublime maison avec une équipe extrêmement motivée. Toutes les conditions étaient réunies pour faire l’album le plus ambitieux de ma vie, celui qui serait aussi thérapeutique et nécessaire. Il n’y avait aucun enjeu marketing, j’avais juste besoin d’écrire pour me sentir vivant. En dix jours, trente-cinq chansons sont nées. C’était inimaginable pour moi d’aller aussi vite et aussi loin dans la création.

L’interview d’Amir est à lire en intégralité dans le nouveau magazine Télé 7 Jours. Disponible dans les kiosques ce lundi 16 septembre.

Par
Amandine Scherer