Est-ce vous ne vous êtes jamais autant autorisé à être vous-même que sur ce premier album ?
Louis Albi. J’ai toujours été moi, mais aujourd’hui, il y a beaucoup plus d’affirmation. J’ai intégré le fait que j’étais légitime, sur plein de sujets. Donc je m’affirme, je parle de moi et cet album raconte qui je suis aujourd’hui et tout le chemin que j’ai parcouru.
C’est une ode à la singularité cet album, à être soi et singulier…
Exactement. J’invite les gens à être eux-mêmes, à s’assumer, eux-aussi, tel qu’ils sont, à accepter leurs différences.
Il y a beaucoup de légèreté, même musicalement, sur cet album. Est-ce que ce parcours, ce chemin que vous avez parcouru, a été douloureux ou avez-vous réussi, parfois, à y apporter un peu de légèreté ?
Honnêtement, il a été assez compliqué. Je me suis toujours sentie très exclu et seul. Mais aujourd’hui je suis heureux et c’est ce que je voulais transmettre. Dire que oui, les épreuves sont compliquées mais que tout cela mène à la lumière et à l’épanouissement.
Pleurer de joie, c’est un très beau ce titre, c’est tout le paradoxe de la vie…
Exactement. J’ai beaucoup plus de facilité à pleurer de joie aujourd’hui que de tristesse car je me rends compte de la chance que j’ai et du bonheur que je vis.
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Vous avez co-écrit l’album en entier. Est-ce que vous écrivez depuis longtemps ?
Oui, depuis tout petit. C’était important pour moi de le faire, pour raconter des choses extrêmement personnelles.
Et en même temps, il y a beaucoup de personnes très talentueuses qui ont collaboré avec vous sur cet album. Qu’est-ce que vous leur avez raconté de vous ?
Il faut savoir qu’il était important pour moi d’inviter des gens à travailler avec moi parce que je ne voulais pas avoir la prétention de dire que je pouvais tout écrire, tout seul, dès le premier album. J’ai beaucoup à apprendre, c’est le début pour moi dans ce métier. Ils ont un regard extérieur, ils voient certaines choses que je ne vois pas de moi-même.
Est-ce que vous avez l’impression, comme d’autres artistes tels que Hoshi ou Mika, de jouer un rôle fondamental auprès des jeunes ou de ceux et celles qui n’osent pas vivre leur vie ?
Je sais que je ne cherche pas à être un porte-drapeau mais je trouve important de partager de ma vie. J’ai vécu l’homophobie et le rejet social. Forcément, cela parle à plein de gens qui vivent exactement les mêmes choses que moi et qui me soutiennent, m’envoient des messages, et me remercient de leur donner un peu de visibilité.
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Aujourd’hui, les moyens d’être vus sont nombreux. Chacun peut être représenté, trouver ses repères et se sentir épaulé dans sa vie. Vous avez l’impression de n’avoir pas été assez représenté plus jeune ?
Sincèrement non et j’en ai souffert. Je ne voyais pas de gens qui me ressemblaient à la télévision ou dans les médias. Du coup, je me suis accroché à des icônes qui évoquaient la différence comme Céline Dion, des figures fortes et déterminées. Au lieu de me dire "je vais être comme untel ou untel", je me suis dit "je vais me battre pour m’affirmer comme je suis".
Avec toute cette douceur et cette sensibilité qu’il y a en vous, on se dit qu’il a dû vous falloir beaucoup de courage pour participer à Star Academy…
J’avoue que je me suis surpris moi-même, car je ne suis pas du style à me mettre dans la lumière. Je suis quelqu’un de réservé. C’est un grand pas que j’ai fait : décider de participer à cette émission, enfin m’autoriser à vivre, à faire de la musique et à accomplir mes rêves tout simplement. Je me suis dit que c’était le moment.
Avec le recul, comment avez-vous vécu l’expérience ?
Comme une claque au départ ! Parce que j’ai essayé de donner un sens à tout ça, de comprendre la légitimité que j’avais. Mais je me suis vite dit que je m’étais battu pour en être et qu’il fallait que je m’accroche à mon rêve quoi qu’il arrive. Au-delà de l’émission, je veux vivre de ma musique, passer des messages, et pouvoir accompagner les gens dans leur vie. Cet album, c’est un accomplissement, une grande fierté. C’est le résultat de beaucoup de culot et de travail.
Vous êtes resté en contact avec vos camarades de la promo ?
Bien sûr ! Je suis en contact avec tous, surtout avec Enola. C’est formidable de pouvoir partager nos projets, nous soutenir mutuellement.
* Pleurer de Joie (Sony Music/ Columbia). En tournée dans toute la France et à La Maroquinerie (Paris) le 14 novembre.