Omar m’a tuer (Arte) – Roschdy Zem : « Coupable ou pas, j’avais envie de raconter le parcours de ce Marocain anonyme »

Publié le 20 septembre 2023 à 12:32
INDETERMINE
ARCHIVE. Omar m’a tuer. Une phrase choc, désignant le jardinier Omar Raddad comme l’assassin de sa patronne, la riche héritière Ghislaine Marchal. Retour sur la genèse du film avec Roschdy Zem, le réalisateur.

Comment vous êtes-vous lancé dans cette aventure ? 

Roschdy Zem : Rachid Bouchareb, le réalisateur d’Indigènes, voulait me confier le rôle d’Omar Raddad. Je me suis passionné pour cette histoire et je lui ai demandé de me confier plutôt la réalisation. 

Pourquoi n’avoir pas incarné Omar, joué finalement par Sami Bouajila ? 

J’étais tenté, mais Sami a cette capacité de transmettre des émotions de façon plus naturelle que moi. Et puis le travail de préparation d’acteurs en amont était très lourd. 

Est-il vrai que vous n’aviez pas d’empathie particulière pour Omar Raddad ? 

Je vous le confirme. Coupable ou pas, j’avais envie de raconter le parcours de ce Marocain anonyme. En m’intéressant à l’homme, je me suis plongé dans une affaire qui m’a interpellé plus que prévu. 

Pour quelles raisons ? 

Agatha Christie peut aller se rhabiller. Ce fait divers, aucun auteur ne pourrait l’inventer tant les incohérences, les rebondissements sont multiples, les zones d’ombre innombrables, les omissions inexplicables. 

Par exemple ? 

Pas de prise de température du corps de Mme Marchal, incinérée avant même les résultats de l’autopsie, rendant une contre-expertise impossible. Pas un membre de l’entourage proche de la victime n’a été interrogé sur son emploi du temps… Et une foule d’autres choses, encore, que le film souligne. 

Quand avez-vous rencontré Omar Raddad ? 

Avant d’écrire le scénario, lors d’un dîner, à Paris. Puis je ne l’ai pas revu pendant deux ans, pour préserver mon indépendance artistique. Ensuite, il m’a rendu visite sur le plateau à deux reprises. La première fois, il n’est pas resté. C’était trop dur pour lui. 

Quel impératif vous êtes-vous imposé ? 

Rester factuel et rationnel. Le dossier était suffisamment fourni pour ne pas m’égarer sur des pistes qui n’étaient pas avérées. Et éviter le pathos, notamment grâce au jeu virtuose et léger de Denis Podalydès, dont le personnage d’écrivain est inspiré de Jean-Marie Rouart. 

Omar m’a tuer, mercredi 20 septembre à 20h55 sur Arte

Propos recueillis par Viviane Pescheux en 2011

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