Après le classique Pentagon Papers, l’inventeur du blockbuster moderne renoue avec le pur divertissement. À 71 ans, la créativité intacte, et tel un gamin ouvrant son coffre à jouets, il nous offre Ready Player One, tourbillon d’aventures futuristes inspirées du roman Player One, d’Ernest Cline. En 2045, le monde est dévasté par la pollution et la crise. Comme tous ses contemporains, le jeune Wade Watts (Tye Sheridan) s’évade en passant le plus clair de son temps dans l’Oasis, monde virtuel idéal, où son double numérique, Parzival, vit des aventures extraordinaires…
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Un festival d’icônes pop
La particularité de ce long-métrage ? Réinventer la nostalgie ! De la légendaire voiture DeLorean de la saga Retour vers le futur au V8 Interceptor de Mad Max, du T-Rex de Jurassic Park au Géant de fer, en passant par une ahurissante course-poursuite entre des bolides et un énorme Donkey Kong, jusqu’à une folle invasion de zombies à l’intérieur de l’hôtel de Shining, le film culte de Stanley Kubrick (quelle idée géniale !), il n’y a pas une séquence, pas un plan sans une citation ou bien un clin d’oeil au cinéma, à la musique et aux jeux vidéo des années 80 et 90. « En énumérant les icônes de ces années-là, j’ai compris à quel point elles avaient marqué le public. Redonner vie à la DeLorean de Marty McFly m’a troublé, car j’ai produit la trilogie de Robert Zemeckis. Ready Player One est un peu ma DeLorean, mon “convecteur temporel” », explique Spielberg.
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Un autoportrait
Le réalisateur a construit son film comme une immense chasse au trésor menée à 200 à l’heure. Celui qui trouvera trois clés dans l’Oasis héritera de son contrôle et de la fortune de son créateur, James Halliday, gourou planétaire de l’entertainment. Impossible de ne pas voir dans ce personnage, interprété par Mark Rylance, le double de Spielberg, géant du cinéma et rêveur insatiable mû par une intarissable créativité. « Je suis proche de James Halliday à 80 % », s’amuse-t-il.
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Du fun et de la politique
Ready Player One alterne, avec une virtuosité époustouflante, images de synthèse (lorsque les héros sont dans l’Oasis) et prises de vues réelles, vrais acteurs et leurs incarnations numériques. « Avec Les Dents de la mer et Il faut sauver le soldat Ryan, ce film a été le plus difficile à concevoir de ma carrière. » Près de huit cents artistes ont planché durant trois ans, notamment sur l’élaboration des nouvelles technologies qui ont permis de porter à l’écran cette récréative guerre des mondes (virtuel et réel). Pour autant Ready Player One n’est pas que ludique. Spielberg y a aussi ajouté une touche de gravité : « Le film dépeint la jeunesse comme un nouveau prolétariat qui va finir par s’opposer à la cupidité d’entreprises tentaculaires que l’on connaît déjà parfaitement. La science-fiction peut aussi mettre en garde. » Le divertissement et la réflexion constituent, depuis toujours, l’ADN du papa d’E.T.
Ready Player One, dimanche 28 avril à 23h45 sur TF1
Isabelle Magnier