1862, 13 ans après la Grande Famine. Jeune infirmière anglaise, Elizabeth Wright ( Florence Pugh) se voit confier une mission de taille. Elle est envoyée 15 jours dans les Midlands irlandais pour plonger au cœur d’une communauté dévote afin d’enquêter sur ce qui semble être un miracle. Elle doit ainsi découvrir la vérité au sujet d’Anna O’Donnell (Kila Lord Cassidy), une jeune fille de 11 ans qui prétend ne rien avoir mangé depuis 4 mois et avoir malgré tout survécu. Si la communauté dans laquelle vit Anna s’accroche à ses croyances qui ne doivent pas être remises en question, Elizabeth veut lever le voile sur ce mystère d’autant plus que la santé de la jeune fille se dégrade rapidement.
Cette mystérieuse histoire est celle de The Wonder de Sebastián Lelio visible depuis ce mercredi 16 novembre sur Netflix. Porté par Florence Pugh, Niamh Algar et David Wilmot, ce film est adapté d’un livre du même nom publié en 2016 par Emma Donogue. Pour ce roman façon thriller dans le XIXe siècle, la romancière britannique s’est grandement inspirée d’un étrange phénomène qui a véritablement existé à cette époque. Plusieurs filles ou adolescentes ont en effet affirmé que, par un miracle divin, elles pouvaient survivre sans nourriture.
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L’un des cas s’est d’ailleurs terminé par un véritable drame. Devenue célèbre pour avoir clamé qu’elle ne se nourrissait pas depuis 2 ans, la jeune Galloise Sarah Jacobs a été hospitalisée plusieurs jours pour que des médecins examinent son cas. Ses parents, qui croyaient en ce pouvoir surnaturel, ont refusé que le moindre aliment soit donné à leur fille pendant ce séjour. Résultat : malgré les mises en garde de ses médecins qui qualifiaient cette histoire de fraude, la jeune fille est finalement morte de faim et ses parents ont écopé d’une condamnation pour « homicide involontaire ».
"Quand je suis tombée sur ces vrais cas de jeunes filles à jeun du 16ème au 20ème siècle, j’ai pensé « C’est la chose la plus bizarre qui soit » et puis je me suis dit « non, c’est tout à fait susceptible d’être compris, n’est-ce pas ? ». C’est un peu comme si elles étaient terrifiées de devenir des filles dans une culture qui les considère comme des objets sexuels (…) Il y a eu une affaire galloise dans les années 1870 – Sarah Jacobs. C’était trop triste pour que j’écrive dessus parce qu’en gros, un journal a engagé des infirmières qui l’ont surveillée pendant, je crois une semaine, et elle est morte", a confié Emma Donoghue à Newsweek.
"Je suis tombée sur ce cas à la fin des années 1990 et je me souviens avoir pensé : « Ok, même moi j’ai mes limites ». C’est juste désespérément triste. Mais j’ai finalement pensé beaucoup plus tard que je pouvais faire un cas fictif, qui ne serait pas aussi bouleversant et dont je pourrais choisir la forme. Mais tout en m’inspirant des réalités un peu effrayantes de ces cas sans être pour autant réellement enchaînée à la façon dont cette histoire s’est terminée", a-t-elle conclu.
Clara Kolodny