"Mon expérience de Jappeloup m’a beaucoup aidé"
Après Jappeloup, Tempête ! Neuf ans après nous avoir fait vibrer aux exploits du plus célèbre champion équin tricolore, le réalisateur canadien Christian Duguay remet à l’honneur la plus noble conquête de l’homme. Cette fois, il nous invite dans l’univers des courses de trotteurs. Toujours sous le signe de l’émotion, de l’adrénaline et du grand spectacle. « Mon expérience de Jappeloup m’a beaucoup aidé : les professionnels savaient que je n’allais pas faire un énième film sirupeux sur les chevaux, et que je connaissais suffisamment le monde du cheval pour mettre en valeur cet univers avec authenticité. »
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En 2021, Duguay adapte le roman Tempête au haras, de Christophe Donner (L’École des loisirs), pour nous offrir une bouleversante histoire de résilience, à travers le récit d’une reconstruction, celle de Zoé, handicapée à la suite d’un accident lorsqu’elle avait 10 ans. Fille d’un éleveur, jockey de trot attelé de haut niveau, et d’une mère vétérinaire, l’enfant (jouée successivement par June Benard, Charlie Paulet et Carmen Kassovitz) a toujours vécu au contact des chevaux dans le haras familial normand. Son rêve : devenir jockey professionnelle. Tout bascule, une nuit d’orage, lorsque Tempête piétine Zoé. L’enfant ne marchera plus. Exit l’équitation.
Face à cette tragédie, la famille tangue mais ne coule pas. Philippe (Pio Marmaï) et Marie (Mélanie Laurent) se doivent de tenir pour leur fille. Les deux comédiens ne se connaissaient pas : leur couple est d’une incroyable vérité. « Cela faisait longtemps que je n’avais pas ressenti une telle osmose », confirme Mélanie. Tous les deux ont aussi adoré l’autre versant de ce drame, qui nous ouvre les portes des courses de trot, attelé ou monté, puisque Zoé retrouve l’envie de vivre en renouant avec sa jument et ses rêves de compétition.
“GRISANT ET DANGEREUX”
« C’est un univers que je ne connaissais pas, mais qui me fascine. Je sais à quel point les chevaux ont un pouvoir thérapeutique », se souvient Mélanie Laurent. Pour jouer ce driver, engagé dans la plus prestigieuse épreuve du circuit, Pio Marmaï a mouillé la casaque. « J’ai été entraîné par Pierre Vercruysse, deux fois vice-champion du monde. Je me suis formé durant deux mois. D’abord dans une charrette, puis tout seul, jusqu’au jour de la reconstitution du Grand Prix d’Amérique sur l’hippodrome de Vincennes. J’ai tourné sans doublure, extrêmement concentré au point d’oublier que j’étais filmé. »
Pio Marmaï : "Niveau adrénaline, je n’avais jamais connu ça"
Fou de motos, habitué des circuits, Pio s’est lancé tel un Ben Hur moderne : « Niveau adrénaline, je n’avais jamais connu ça. C’était grisant et dangereux. À douze équipages, quand les sulkys sont à 50 km/h, j’aurais pu me faire écraser. » Quant à Carmen Kassovitz (fille de Mathieu et cavalière émérite), elle a aussi connu le grand frisson. Il a fallu une semaine pour mettre en boîte la séquence finale. « On tournait de nuit. L’atmosphère était hallucinante. C’était une véritable course, avec un vrai peloton, la caméra était collée à moi. C’est une expérience inoubliable. » Émotion et adrénaline : le couplé gagnant de votre soirée.
Tempête, dimanche 27 octobre à 21h10 sur France 2
JULIEN BARCILON