Roland Perez, avocat connu du grand public, a raconté dans son roman Ma mère, Dieu et Sylvie Vartan, sorti en 2021 (Éd. Les Escales), comment, enfant, grâce à la ténacité de sa mère et à sa passion pour vous, il était parvenu à vaincre une infirmité qui aurait dû l’empêcher de marcher. Aujourd’hui, ce roman prend vie au cinéma…
Sylvie Vartan Difficile à croire qu’une telle histoire ait pu exister, n’est-ce pas ? Le livre était déjà une réussite, et Ken Scott, le réalisateur, a très bien su retranscrire l’émotion qui s’en dégageait. Cette destinée est une ode à la vie, à l’espoir, à la force de la maternité et au pouvoir de la persévérance.
Comment êtes-vous entrée dans la vie de Roland Perez ?
Roland est le dernier enfant d’une fratrie de six. Il est né avec un pied bot et il a passé les premières années de sa vie enfermé chez lui, si ce n’est dans les bras de sa mère. Reclus dans l’appartement familial, il a découvert le monde entouré de ses frères et sœurs, qui écoutaient mes disques. Il est devenu fan et a même appris à lire grâce aux textes de mes chansons ! Comme il est raconté dans le film : « Sylvie Vartan faisait partie du protocole. » Plus tard, nous nous sommes rencontrés grâce aux hasards de la vie. Aujourd’hui, en plus d’être mon avocat, il est mon ami et un membre de ma famille.
Sylvie Vartan évoque ses adieux à la scène : "J’ai la sensation d’avoir tout fait"
Avez-vous rencontré d’autres personnes, au cours de votre vie, pour qui vous avez tenu un rôle aussi déterminant que celui que vous avez eu pour Roland Perez ?
Non, pas à ce point, mais je me suis rendu compte que mes chansons semblent avoir aidé des gens dans leur désarroi et leurs épreuves. Mais je dois reconnaître que je n’ai pris conscience de ce pouvoir qu’après avoir découvert l’histoire de Roland, et qu’il m’a expliqué en quoi j’avais été importante dans sa vie.
Et vous, aviez-vous une idole ?
Non. Quand je suis arrivée en France, très jeune, nous vivions avec ma famille dans une pièce unique, à l’hôtel, sans télévision. Je me souviens juste être allée voir Gérard Philipe au théâtre. Il jouait le rôle de Lorenzaccio, de Musset, et j’ai été fascinée. J’ai toujours voulu être actrice, mais la chanson m’a happée et je n’ai aucune frustration, car j’ai transposé cette passion dans tout ce que j’ai fait, aussi bien chez les Carpentier, dans leurs émissions de variétés, que sur scène, avec les décors et les costumes de tous mes spectacles. Si j’avais été actrice, je n’aurais jamais touché autant de gens. Sur scène, on est soi-même, on ne joue pas. Tout ce que l’on donne au public, on le récupère en amour. Je fais le plus beau métier du monde.
D’ailleurs, le public a répondu présent, en janvier, lors de vos adieux à la scène au Palais des Congrès de Paris. Comment avez-vous vécu ce moment ?
De manière particulière, mais sereine, car, après soixante-trois ans de carrière, il était temps pour moi de tirer ma révérence. J’ai la sensation d’avoir tout fait. Je n’ai jamais arrêté de chanter, ni de me produire aux quatre coins du monde. Je reste néanmoins attentive à toutes les propositions que l’on pourrait me faire. D’ailleurs, ma dernière représentation a été captée et fera l’objet d’un film. Et puis, je compte aller chanter au Japon, pour dire adieu à mon public là-bas. Vous voyez, je ne suis pas près de m’ennuyer !
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