Chiron tente de grandir, entre les coups qu’il reçoit à l’école et sa mère, une infirmière bienveillante qui s’enfonce peu à peu dans la drogue. Le jeune homme est en train de découvrir qu’il est homosexuel et a du mal à l’assumer. Seul son ami Kevin parvient à lire dans l’esprit de Chiron comme dans un livre. Alors que sa mère l’abandonne à cause de son addiction au crack, Chiron se trouve des parents de substitution avec Teresa et Juan, un dealer. Le couple l’encourage à accepter son identité, sans se conformer aux conventions de la masculinité et de la sexualité…
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Un héros noir, pauvre, qui tente d’assumer son homosexualité, et dont la mère est toxico… Le réalisateur Barry Jenkins s’en amuse lui-même : « Le pitch fait un peu too much. » Son film, pourtant, adapté d’une pièce de théâtre autobiographique, ne verse jamais dans le misérabilisme. Construit en trois parties (l’enfance, l’adolescence et l’âge adulte), il bouleverse par sa sensibilité et sa mise en scène sophistiquée. « Je voulais que son esthétisme soit le reflet de la conscience et des émotions du personnage, explique le cinéaste. Mon ambition, c’est de casser les codes de la masculinité, de toucher tous les spectateurs, y compris les hétéros blancs, machos, sapés comme des cow-boys. » Produit par la société de Brad Pitt, ce Brokeback Mountain 100 % black, dans les ghettos de Miami, a remporté trois Oscars, en 2017, dont celui du Meilleur film, face à La La Land. Il a séduit jusqu’en France, où, fait rare, le nombre de copies a quadruplé en cinq semaines.
Laurent Djian
Moonlight : mercredi 16 mars à 20h55 sur Arte.