Souleymane, un jeune sans-papiers de 20 ans originaire de Guinée, travaille illégalement pour une plateforme de livraison de repas. Tandis qu’il pédale dans les rues bondées de Paris pour livrer des commandes, il répète inlassablement son histoire, ou plutôt celle, fabriquée, qui sera susceptible de convenir à l’administration. Dans deux jours, en effet, il doit passer à l’OFPRA son entretien de demande d’asile, le sésame pour obtenir des papiers. Mais Souleymane s’inquiète car il est convaincu qu’il n’est pas encore prêt…
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On les croise sans les voir, ces livreurs à vélo qui sillonnent la ville avec leur sac bleu ou jaune vif sur le dos. « Tellement visibles, avec le sigle de l’application pour laquelle ils travaillent, et pourtant totalement clandestins », explique le réalisateur Boris Lojkine. Dans ce thriller solidement documenté, il nous fait éprouver le quotidien harassant de Souleymane, forçat de l’ubérisation, qui enchaîne les courses, en butte à un monde hostile.
Son histoire résonne avec celle de son interprète, l’éblouissant Abou Sangare, 23 ans, repéré lors d’un casting sauvage. Pour pouvoir soigner sa mère épileptique, Abou quitte la Guinée à 15 ans. Après une odyssée infernale, il arrive en France via l’île de Lampedusa. À Amiens, il se forme à la mécanique, métier où l’on manque de bras. Récompensé par le Prix d’interprétation à Cannes (Un certain regard), puis un César, Abou Sangare a enfin obtenu, le 8 janvier, après trois demandes de régularisation refusées, un titre de séjour validé par une promesse d’embauche.
L’Histoire de Souleymane, mardi 20 mai à 21h10 sur Canal+