Du vécu
Au lendemain de Mai-68, l’universitaire maoïste Robert Linhardt passe un an comme O.S. dans l’usine Citroën de la porte de Choisy, à Paris. Il en reviendra avec une dépression et un best-seller, L’Etabli, que Mathias Gokalp adapte à l’écran. L’auteur y documente, dans un récit d’une implacable précision, l’enfer de la chaîne, les méthodes de surveillance, le racisme, mais aussi la résistance et la grève.
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Swann Arlaud en bleu de travail
Sous les traits de Linhart, l’acteur de Petit paysan était une évidence. « Swann aime s’engager, se pose beaucoup de questions politiques. Il s’est investi dans ce rôle qu’il a vécu de l’intérieur », confie le réalisateur. Arlaud crée un beau personnage porté par un idéal émancipateur, galvanisé par l’espoir de guider la masse ouvrière vers le grand soir.
À l’usine comme si vous y étiez
Vacarme des presses, tôles coupantes, soudure brûlante, fracas des carrosseries de 2CV qui défilent sur les carrousels, les corps en souffrance… Pour mettre en scène la chaîne de production, les gestes, les attitudes, les cadences, le réalisateur s’est inspiré d’un documentaire de Louis Malle, Humain, trop humain, tourné en 1972 dans l’usine Citroën de Rennes.
L’Etabli, jeudi 2 avril à 21h00 sur France 4