En ce début des années 1960, la guerre d’Algérie dure depuis bien trop longtemps aux yeux du gouvernement français, bien décidé à en finir avec cet interminable conflit. Engagés dans l’armée, les Harkis constatent avec une certaine appréhension que les dirigeants semblent vouloir accorder l’indépendance au pays. Considérés comme des traîtres par une grande partie de la population, ces derniers espèrent se voir offrir l’asile par l’Hexagone dans le cas d’une issue qui leur serait défavorable lors des négociations en cours. Dans leur hiérarchie, les avis divergent. Certains refusent catégoriquement de les voir débarquer en France...
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Ils ont été les oubliés de la guerre d’Algérie. Ce film raconte, dans un style dépouillé, façon documentaire, le drame des harkis, ces Algériens qui ont servi la France avec loyauté, avant d’être abandonnés à leur sort en 1962. On suit le quotidien d’une section dirigée par le lieutenant Pascal (Théo Cholbi). Au fur et à mesure, on découvre les raisons qui ont poussé ces hommes à rejoindre l’armée française. Il s’agit souvent de venger un proche, victime du FLN, parfois par anticommunisme et attachement à la France. Certains sont poussés par la pauvreté, et d’autres simplement pour sauver leur peau. Philippe Faucon évite les écueils du manichéisme et du parti pris. Le réalisateur montre les exactions commises dans les deux camps. À la tête décapitée, posée sur un couffin par les fellaghas, répondent des séances de tortures insoutenables commises par l’armée. Trois siècles plus tôt, Corneille écrivait déjà : « La guerre civile est le règne du crime. »
Les Harkis, vendredi 18 juillet à 23h15 sur Arte