La Passion de Dodin Bouffant (Canal+) – Benoît Magimel : « J’étais accompagné par l’ancien assistant du chef Pierre Gagnaire »

Publié le 14 mai 2024 à 13:16
© 2022 Curiosa Films / Gaumont / France 2 Ciném
Dans La Passion de Dodin Bouffant, Prix de la mise en scène au dernier Festival de Cannes, l’acteur est aux fourneaux dans le rôle d’un gastronome, sous l’oeil du réalisateur Tran Anh Hung.

Dodin, grand bourgeois du XIXe siècle, ne vit que pour les plaisirs de la table : êtes-vous fine gueule ? 

Benoît Magimel : J’apprécie la bonne cuisine, et de cuisiner pour mes proches. 

Dans le film, vous faites rissoler des cailles, clarifiez des bouillons, assemblez des sauces… Ce rôle était-il un défi ? 

J’y suis allé avec confiance et beaucoup d’envie. J’aime toucher les aliments, les matières… Travailler avec mes mains est un plaisir. J’étais accompagné par Michel Nave, l’ancien assistant du chef Pierre Gagnaire, qui me montrait les bons gestes. Ça ne m’a jamais effrayé. Jouer ce rôle était très instinctif. 

Vous retrouvez Juliette Binoche, près de vingt-cinq ans après Les Enfants du siècle, de Diane Kurys. Un grand amour, un enfant, une séparation… la vie. Quelle émotion avez-vous eue à tourner de nouveau ensemble ? 

J’ai été très heureux de faire ce film avec Juliette. 

Votre histoire d’amour fait écho à celle que vivent Dodin et Eugénie, vos personnages… 

C’est vrai, elle est portée par la même délicatesse et la même amitié. Nous nous connaissons bien, nous n’avons pas eu besoin de nous apprivoiser. 

Vous avez reçu deux César, en 2022 et 2023, pour De son vivant, d’Emmanuelle Bercot, et Pacifiction, d’Albert Serra. Dodin Bouffant représentera la France aux Oscars… Que vous inspire ce joli strike ? 

En 2001, quand j’ai eu le Prix d’interprétation à Cannes pour La Pianiste, je me suis dit : « Il y a des mecs qui l’ont eu et qui n’ont plus rien tourné après. » Le plus difficile, c’est de durer, de construire quelque chose. J’ai bien bossé, je crois. Alors, ces récompenses, je les ai prises avec un bonheur infini. 

À bientôt 50 ans, vous entrez dans « l’automne de votre vie ». Comme Eugénie, dans le film, vous voyez-vous toujours « en été » ? 

Au printemps, parce que je regarde toujours les choses avec mes yeux d’enfant. J’ai découvert récemment que travailler avec l’insouciance de l’enfance marche mieux. On peut rire, faire des plaisanteries avant de jouer une scène dramatique. C’est ce que j’appelle être libre.

La Passion de Dodin Bouffant, mardi 14 mai à 21h10 sur Canal+

 ISABELLE MAGNIER 

Par
Isabelle Magnier