La méthode Williams (France 2) – Will Smith : « Je me suis dit que c’était le père que je voulais être »

Publié le 2 juin 2024 à 13:21
© 2021 Warner Bros.
L’ascension des deux championnes de tennis est racontée à travers le portrait de leur père, coach entêté et visionnaire, interprété par un Will Smith en grande forme

En 2022, après vingt ans de règne, Serena Williams a raccroché sa raquette, à l’âge de 41 ans. Aujourd’hui, c’est une femme d’affaires avertie (elle a créé sa marque de vêtements et de produits de beauté) et une militante pour les droits des femmes et des minorités. Son aînée, Venus, bientôt 44 ans et toujours sur le circuit professionnel, « continue de mener la vie dure à des jeunettes qui lui rendent vingt piges », titrait L’Équipe, en mars. Les soeurs ont laissé une empreinte majeure dans le sport, en faisant rayonner le tennis féminin. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : elles ont remporté, à elles deux, cent cinquante tournois, dont trente en simple en Grand Chelem, ainsi que cinq médailles d’or olympiques, depuis 1994. En 2002, elles ont été les premières joueuses noires à devenir numéros un mondiales (à quelques mois d’intervalle) au classement Women’s Tennis Association (WTA). 

LE PARI DE RICHARD 

Leur rage de gagner, envers et contre tous les préjugés, les frangines la doivent à leur père, Richard. En « short-survêt », la raquette sous le bras et la barbe sévère, Will Smith est méconnaissable dans les baskets de Richard, l’intransigeant chef de famille. Lorsque le film s’ouvre, Serena et Venus ne sont encore que deux gamines de Compton, le ghetto noir de Los Angeles. Mais leur père avait élaboré un plan de carrière de 78 pages, avant même la naissance de ses futures étoiles : « Si vous parvenez à convaincre un enfant qu’il a l’étoffe d’un champion, alors il le deviendra. » Surnommé King Williams, l’homme était souvent décrit comme autoritaire et mégalomane. Il n’en était pas moins lucide. Se méfiant des paillettes de l’éphémère, il a poussé ses filles à faire aussi de brillantes études.

DES MODÈLES INSPIRANTS 

Également coproducteur du film, Will Smith a confié son admiration : « Je me suis dit qu’il était le père que je voulais être, que c’était de cette façon-là que je voulais élever mes enfants, pour qu’ils soient fiers et confiants. » L’ex-prince de Bel-Air trouve ici son meilleur rôle depuis Ali, de Michael Mann (2002), récompensé d’un Oscar en 2022. Si cette success story trace le portrait quelque peu édulcoré de ce coach autodidacte, gardien de nuit sans le sou, qui se bat pour imposer ses filles dans un sport de Blancs, elle fait aussi la part belle aux futures stars de la terre battue, incarnées par les convaincantes Saniyya Sidney (Venus) et Demi Singleton (Serena), qui n’avaient jamais touché de raquettes. « La première semaine d’entraînement, mon corps était si douloureux !, se rappelle Demi. Mais Serena m’a beaucoup inspirée. J’étais chanceuse d’enfiler les baskets d’une telle icône. » Saniyya Sidney, elle, a dû contrarier sa nature de gauchère. Revers, montée au filet, service lifté… Pour jouer comme leurs modèles, les deux actrices se sont astreintes à six mois de travail intensif et studieux. À l’image de la méthode de papa Williams. 

La méthode Williams : dimanche 2 juin à 21h10 sur France 2

Isabelle Magnier

Par
Isabelle Magnier