Isabelle Huppert est à l’affiche de La Femme la plus riche du monde : « Il est difficile de rester sourd à ce que l’on entend »

Mis à jour le 9 janvier 2026 à 11:26
ABACA
Isabelle Hupert joue, tourne, voyage dans le monde entier, passant d’un rôle à l’autre avec une insatiable gourmandise. Dans La Femme la plus riche du monde, de Thierry Klifa, elle incarne une version romanesque de la milliardaire Liliane Bettencourt. Rencontre avec une femme libre et chaleureuse, habitée par son métier, loin de la star distante que l’on pourrait imaginer.

Vous dites : « Le cinéma, c’est la puissance de la première fois, avec tout ce que cela comporte de fraîcheur, de recherche, d’imprévus. » Était-ce le cas avec ce film ?

Isabelle Huppert Oui, comme avec tous les films que j’aime faire. C’est peut-être pour alléger ce moment, plutôt que de se dire que l’on vient avec toute une réflexion que l’on a menée à propos du personnage. On peut anticiper tout ce que l’on veut, c’est à l’instant où l’on entend« action ! » que ça se fait. On n’a plus rien à penser, juste à jouer. C’est toujours le fameux « ici et maintenant ». C’est mon idée du cinéma.

Thierry Klifa s’est librement inspiré de la relation entre l’héritière de L’Oréal et l’écrivain photographe François-Marie Banier. Comment avez-vous réagi lorsqu’il vous a proposé le rôle de Marianne Farrère, inspiré de Liliane Bettencourt ?

J’ai attendu de lire le scénario, parce que je me suis dit que j’avais très peu à voir avec elle. Le film est une extrapolation à partir de faits réels ou supposés. Cela ne pouvait se comprendre et s’envisager qu’en lisant le scénario et les dialogues, car ils donnaient la distance nécessaire pour inventer ces personnages de toutes pièces, qui n’ont plus grand-chose à voir avec les figures existantes

Isabelle Huppert joue un personnage inspiré de Liliane Bettencourt

Vous portez soixante-dix tenues différentes. L’élégance de Marianne vous a-t-elle aidée à entrer dans le rôle, vous qui êtes passionnée de mode et égérie de la maison Balenciaga ?

J’avoue que je n’ai pas compté, mais oui, bien sûr ! Ses tenues sont l’une des manières de montrer son aisance et son absence totale de préoccupation, dans ce domaine, en tout cas. De plus, c’est un élément déterminant de la rencontre entre Marianne Farrère et le photographe Pierre-Alain Fantin– Laurent Lafitte, formidable –, qui la remet tout de suite en cause sur sa manière de s’habiller, de se coiffer. Il bouscule tout.

Elle vous ressemble, ou pas du tout ?

Je crois que je ne ressemble à aucun des personnages que j’ai interprétés

Le film arrive au cinéma alors que les grande fortunes sont au cœur du débat politique : cela vous interpelle-t-il ?

Il est difficile de rester sourd à ce que l’on entend. C’est le signe de quelque chose qui ne va pas très bien.

L’interview d’Isabelle Huppert est à lire en intégralité dans le nouveau magazine Télé 7 Jours. Disponible dans les kiosques dès ce lundi 27 octobre.

Par
Isabelle Magnier