Un chef-d’oeuvre du XIXe modernisé
« Illusions perdues est un spectacle total, le feu d’artifice de La Comédie humaine », s’enthousiasme Xavier Giannoli, qui réalise son rêve en adaptant l’ascension et la chute du jeune poète Lucien de Rubempré. Le cinéaste a étudié le livre pendant des années, pour mieux s’en libérer et offrir sa vision personnelle et actuelle d’une époque où la marchandisation du monde était déjà en marche.
Un casting de choix
De Gérard Depardieu à Cécile de France, en passant par Jeanne Balibar, la fine fleur des comédiens donne vie aux personnages. Bien inspiré, Giannoli a confié le rôle de Rubempré à Benjamin Voisin, révélé dans Été 85, de François Ozon. « Il donne une vitalité contemporaine à ce personnage de la littérature classique. C’est un animal fabuleux.» Bien vu. La « bête de scène » a reçu le César du Meilleur espoir.
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Une satire féroce de la presse
Ce sont les débuts de la presse d’opinion, dont les journalistes, filmés comme des gangsters sans foi ni loi, font et défont les réputations d’un trait de plume acéré. L’occasion, pour les acteurs, de se livrer à de savoureuses joutes verbales. « Notre ligne éditoriale sera simple, énonce le plumitif corrosif qu’incarne Vincent Lacoste : elle tiendra pour vrai tout ce qui est probable. »
Le Paris de 1820 recréé
Le réalisateur a étudié dans les moindres détails les costumes et décors de l’époque, pour en faire une reconstitution minutieuse… Il a cherché des références dans les musées : à Carnavalet, il a eu accès aux dossiers qui ont servi à Marcel Carné pour Les Enfants du paradis. Pas étonnant que son impitoyable comédie humaine soit si belle.
Illusions perdues : mardi 20 septembre à 21h10 sur Canal+
Isabelle Magnier