On l’a souvent vue en "méchante" au cinéma : maitresse déséquilibrée dans "Liaison Fatale", manipulatrice Marquise de Merteuil dans "Les Liaisons dangereuses" et inoubliable Cruella d’Enfer dans "Les 101 Dalmatiens" et sa suite. Pour parler de son nouveau personnage, Marjan Montazeri, agent sans foi ni loi, Glenn Close a "chaussé" son plus beau sourire. Car derrière les rôles, il y a une grande dame, généreuse et altruiste, qui n’aspire qu’à une chose aujourd’hui : être auprès des siens.
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Comment la grande Glenn Close a-t-elle été accueillie au sein de cette équipe déjà rodée par une saison couronnée de succès ?
Glenn Close : Très bien ! Quand j’ai vu la première saison de "Téhéran", je me suis dit que ça ne ressemblait à rien de ce que j’avais pu tourner par le passé. Nous nous sommes donc envolés, mon chien Pippy et moi pour Athènes où est tournée la série. Cela faisait déjà deux mois que j’apprenais le farsi avec un coach et nous étions enfin arrivés au point où je pouvais donner l’impression de parler couramment cette langue. Cette équipe travaille vite et bien, rit beaucoup tout en sachant rester concentrée. C’était un tournage exceptionnel.
Parlez-nous de votre personnage, Marjan…
C’est une femme qui est faite d’une multitude de choses mais elle a appris à tout compartimenter au quotidien. Elle vit en Iran, elle est mariée à un Iranien. Elle aime son pays d’adoption, c’est pour cette raison qu’elle va faire tout ce que vous allez voir…C’est aussi une psychanalyste très reconnue. Elle a cette capacité à tout cacher, rien ne transparait derrière son regard froid.
Apprendre le farsi, ce fut la partie la plus difficile du job ?
Complètement ! Parce que je n’ai pas eu le temps d’apprendre à penser en farsi. Il a fallu « simplement » retenir les dialogues par cœur, intégrer cette série de sons dont il faut trouver la bonne intonation avant de les répéter de plus en plus vite et donner ainsi l’impression qu’on parle la langue couramment. Parfois, la caméra continuait de tourner et je répétais inlassablement la même phrase jusqu’à ce qu’elle ait l’air prononcée le plus naturellement possible. A mon âge, c’est très bon pour la mémoire !
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Tourner "Téhéran" à Athènes, ce n’est pas trop surprenant ? Avez-vous vu la différence à l’image ?
Je ne suis jamais allée en Iran mais je trouve que l’équipe a effectué un travail incroyable pour que l’illusion soit parfaite.
Ce fut un tournage très différent de celui de "Damages" ?
Oui ! C’est comme regarder deux danseurs effectuer la même chorégraphie mais dans deux styles différents. Sur "Téhéran", les caméras bougeaient beaucoup, il y avait quelque chose de très organique, sans cesse dans le mouvement. Et les Israéliens sont très bruyants ! Ils étaient obligés de me préciser "on ne s’engueule pas, on discute simplement !" (Rires).
10 ans séparent la dernière saison de "Damages" et cette saison de "Téhéran". On ne vous a proposé aucune série intéressante entre temps ?
Aucune que j’ai eu envie d’accepter en tout cas. Mais j’y ai repris goût, je travaille actuellement sur un projet avec Pete Davidson (humoriste et comédien, actuel compagnon de Kim Kardashian).
Vous avez souvent joué les méchantes. Dans la vie, vous êtes une personne très engagée et généreuse. C’est la méthode Actors Studio ?
Pas du tout, juste l’imagination ! (Rires). Pour moi, c’est 95% du travail. J’essaye d’inventer un passé à mes personnages, des fêlures qui expliqueraient leur comportement présent. Je me dois de me trouver des points communs avec eux, même avec les plus terribles. Je me fous de que les gens pensent d’eux, moi je dois être dans l’empathie.
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De l’empathie, vous en avez à revendre. Vous vous battez beaucoup au quotidien…
Je suis très engagée dans la lutte pour déstigmatiser les maladies mentales. Ma sœur est bipolaire et mon neveu schizophrène, ils ont été très courageux d’en parler publiquement. Nous travaillons dur pour faire changer les mentalités.
Il y a quelques années, vous avez dit que les bons rôles étaient difficiles à trouver quel que soit son âge. Vous le pensez toujours ?
Les choses ont grandement évolué depuis, notamment grâce aux plateformes qui ont besoin de contenus donc de comédiens. C’est aussi une ère incroyable pour les scénaristes. Je me réjouis de savoir que j’ai plus de choix de rôles aujourd’hui.
Lors d’un discours en 2020, vous avez encouragé les femmes à "penser à leur propre épanouissement". C’est ce que vous faites aussi ?
Oui. Je vis le plus beau chapitre de ma vie. J’habite aujourd’hui dans la même ville que tous les membres de ma famille. J’ai raté tant de moments importants, d’anniversaires, parce que j’étais en tournage à droite à gauche. Aujourd’hui tous ces petits moments partagés ensemble valent de l’or.
Est-ce que vous continuez à conserver vos costumes de tournage ?
Oui, j’ai une collection incroyable qui trône fièrement dans une aile de l’Université d’Indiana. Je suis ravie que les étudiants puissent les étudier. Je continue à envoyer des pièces à chacun de mes tournages. J’espère qu’il y en aura encore beaucoup…
A 75 ans et plus de 90 personnages incarnés, que vous reste-t-il encore à accomplir ?
J’ai toujours ce vieux rêve d’adapter au cinéma la comédie musicale Sunset Boulevard de Andrew Lloyd Webber que j’ai jouée à Londres en 2016. J’espère que ça se fera avant ma mort ! (Rires).
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