Kevin Costner a 35 ans lorsqu’il se lance dans le défi de sa vie : produire, mettre en scène et jouer l’adaptation de Danse avec les loups, le grand roman de son ami Michael Blake. Une formidable histoire où le jeune lieutenant de cavalerie américain, John Dunbar, héros de la guerre de Sécession, découvre un poste isolé à la frontière du territoire des Indiens, gagne leur confiance, apprend leur langue et devient plus sioux que les Sioux… Ils vont le surnommer « Danse avec les loups ».
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Hollywood est contre…
Le projet de Costner n’intéresse pas les majors : « Le western est mort, il ne vaut plus un clou. » La preuve, le flop retentissant des Portes du paradis, de Michael Cimino, qui leur est resté en travers de la gorge. Et puis, quelle mouche a piqué l’acteur star du moment pour rappeler à l’Amérique sa guerre de Sécession et le génocide indien ? Le héros des Incorruptibles connaît un grand moment de solitude, mais ne désarme pas. Il s’obstine. Finalement, Orion, modeste compagnie de production, allonge les dollars manquants aux fonds propres engagés par l’acteur. Il va pouvoir tourner durant cent huit jours dans les réserves indiennes du Dakota.
De vrais Indiens, sinon rien !
Costner a une idée fixe : pas d’Indiens de pacotille joués par des Blancs ! Les dialogues seront en lakota, la langue sioux, avec sous-titres. Le réalisateur passe une annonce dans le quotidien anglophone lu par les Indiens d’Amérique du Nord. Il choisit 400 personnes (150 comédiens et 250 figurants) de différentes tribus. Certains doivent alors (ré)apprendre à monter à cheval à cru, à tirer à l’arc… D’autres, durant trois semaines, prennent des cours intensifs de lakota avec Doris Leader Charge (Pretty Shield, dans le film), originaire de la réserve Rosebud. Elle connaît ce dialecte, que sa grand-mère lui parlait en cachette. Rodney Grant, alias Cheveux au vent, l’autre héros du film, est un Omaha qui a grandi dans la réserve du Nebraska. La directrice du casting, Ka-Mook Nichols, d’origine sioux, en est tombée amoureuse. Ils se marièrent et eurent beaucoup d’enfants !
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Le moindre détail est juste
Chaque geste, chaque maquillage, chaque vêtement, chaque tissage, chaque bijou, ustensile, arme… est reproduit selon les traditions séculaires. Costumes et mocassins, par exemple, ont été faits dans de vraies peaux de bison ou de daim. Même pour la musique, le compositeur britannique John Barry, premier mari de Jane Birkin, écoutera longtemps de rares enregistrements sioux avant d’écrire ses premières notes.
L’hommage des Sioux
« Ce film est la lettre d’amour que j’adresse aux Indiens, confiait l’acteur. On les a exterminés, on a détruit leur culture pour posséder leur terre. J’ai aussi voulu montrer qu’ils ont toujours su vivre en harmonie avec la nature. » Pour le remercier, les Sioux ont nommé Kevin Costner citoyen d’honneur de leur nation. Juste retour des choses : son grand-père paternel était à moitié Cherokee.
Danse avec les loups, dimanche 22 juin à 21h00 sur 6Ter
Viviane Pescheux