Reprendre la danse
Lorsqu’en 2010, Darren Aronofsky, le réalisateur du très noir Requiem for a Dream, propose à Natalie Portman de jouer Nina Sayers, une ballerine hantée jusqu’à la folie par son désir de perfection, l’actrice accepte aussitôt. « J’adorais ce personnage, sombre et complexe. Mais Darren voulait que je renoue au plus vite avec la danse classique. » La comédienne, qui a suivi des cours de 5 à 12 ans, l’âge de ses débuts au théâtre et au cinéma (Léon, de Luc Besson), n’a pas dansé depuis quinze ans. « Je me doutais que j’allais souffrir » se souvient-elle, laconique…
Sculpter son corps
Le réalisateur, qui met une énorme pression sur les frêles épaules de l’actrice, est clair : « Si tu veux être crédible à l’image, ta silhouette doit devenir celle d’une ballerine. » Pendant un an, Natalie passe cinq heures par jour entre les tapis et les barres fixes à se sculpter un corps de danseuse, en étirant longuement ses jambes et en faisant des pointes. Lors de cet entraînement spartiate, elle est coachée par Mary Ann Bowers, une ancienne étoile du New York City Ballet. Une fois ces exercices terminés, elle renforce sa musculature en alternant gymnastique, footing et natation.
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Suivre un régime drastique
Pour afficher le corps sec et musclé de Nina, Natalie doit perdre 8 à 10 kg. Elle suit un régime drastique, buvant trois litres d’eau par jour, supprimant les viandes rouges, l’alcool et les graisses au profit de fruits secs, de légumes, de poissons. À force de volonté, elle « devient » la ballerine Nina, avec ses bras musclés, son visage creusé et ses jambes au galbe irréprochable : « Cette transformation physique m’a impressionné », confesse lui-même Darren Aronofsky.
Souffrir
Pour des raisons de budget, le tournage dure quarante jours, pas un de plus. Pour la comédienne, le rythme de travail est intensif et va jusqu’à l’épuisement : « Elle arrivait sur le plateau à cinq heures du matin, contrainte de s’échauffer avant l’aube, pour ne pas se déchirer un ligament » se souvient, admiratif, le réalisateur : « Elle s’est pourtant souvent fait très mal ». Le mot est faible : luxations, déchirures musculaires et crampes sont quotidiennes, sans parler des ongles cassés, des pieds en sang et de cette côte fêlée qui lui fait vivre le martyre pendant deux semaines : « La scène du film chez l’ostéopathe est bien réelle. À la fin du tournage, mon corps souffrait jusqu’à l’insupportable », avoue Natalie Portman.
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Entrer dans la folie de Nina
« Moi qui aime les personnages torturés, avec Nina, j’étais servie ! » constate Natalie. Pas facile, pour la jeune actrice, alors âgée de 28 ans, de camper cette danseuse étoile new-yorkaise, coincée entre une mère possessive (Barbara Hershey) et un chorégraphe despotique, manipulateur (Vincent Cassel) et souffrant de troubles obsessionnels, entre narcissisme, bipolarité et anorexie : « Heureusement que j’avais suivi des études de psychologie. Mais sur le plan émotionnel, ce rôle fut le plus dur de ma carrière ».
Black Swan est diffusé jeudi 29 mars à 20.55 sur Chérie 25.
Jean-Baptiste Drouet