American Girl (Netflix) : la terrible histoire vraie qui a inspiré le film avec Mila Kunis

Publié le 10 octobre 2022 à 11:32
Sabrina Lantos/Netflix © 2022
Sorti le 7 octobre dernier sur Netflix, American Girl est le film le plus vu actuellement en France sur la plateforme américaine. Retour sur la naissance de cette histoire de journaliste contrainte d’affronter un terrible souvenir du lycée.

Tout sourit à Ani Fanelli. Journaliste et écrivaine à New York travaillant dans un magazine réputé, elle est également heureuse en amour et s’apprête à épouser l’homme parfait à Nantucket. Mais sa vie de rêve bascule lorsqu’elle est contactée par un réalisateur d’un documentaire consacré à un crime réel pour qu’elle raconte sa version de ce qui s’est passé lorsqu’elle était lycéenne dans un prestigieux établissement. Ani se retrouve confrontée à un douloureux passé qu’elle avait tout fait pour oublier et qui menace de détruire sa belle vie new yorkaise.

Telle est l’histoire d’American Girl, film porté par Mila Kunis. Carton sur Netflix depuis sa sortie le 7 octobre dernier – il est actuellement en tête du Top 10 des films les plus vus sur la plateforme en France -, ce thriller est l’adaptation d’un best-seller signé Jessica Knoll, une ex-rédactrice en chef de Cosmopolitan. Elle a d’ailleurs signé le scénario et officié comme productrice exécutive pour transposer à l’écran ce qui est son premier roman. Un ouvrage pour lequel elle s’est inspirée de sa propre histoire traumatisante.

(Attention spoilers). Tout comme son héroïne Ani, Jessica Knoll a été victime d’un viol collectif lors d’une soirée lorsqu’elle était lycéenne. "La première personne à me dire que j’avais été violée en bande était un thérapeute, sept ans après les faits. La seconde a été mon agent littéraire, cinq ans plus tard, mais elle ne parlait pas de moi. Elle parlait d’Ani, la protagoniste de mon roman, qui est une œuvre de fiction. Ce que j’ai gardé pour moi, jusqu’à aujourd’hui, c’est que son inspiration ne l’est pas", a-t-elle écrit en 2016 dans un essai publié dans Lenny Letter, le bulletin féministe de Lena Dunham.

Interrogée récemment par Vanity Fair, elle a expliqué comment voir ce viol à l’écran avait bouleversé sa vision de ce traumatisme. D’autant plus qu’elle "normalisait certaines choses dans sa tête". "C’était un viol mais comme ils étaient aussi bourrés… C’était probablement un malentendu. Ce n’est pas si grave que ça", se disait-elle parfois. "Mais en le voyant, tu te dis : « Mon Dieu, mais qu’est-ce qui ne va pas chez vous ? » (…) J’ai presque l’impression que c’était bien pour moi de le voir dans ce sens parce que j’ai encore des moments de doute sur moi-même. Je me demande si je mérite vraiment de ressentir ce que je ressens à propos de ça. En voyant le film, je me dis que oui, je le mérite".

Clara Kolodny

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