Visions (Canal+) – Diane Kruger : « Je cherchais le bon projet pour revenir en France »

Publié le 12 avril 2025 à 12:01
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Dans ce thriller paranoïaque et envoûtant, l’actrice campe une pilote de ligne expérimentée, entraînée dans une spirale de rêves prémonitoires.

En 2021, Yann Gozlan nous bluffait avec son saisissant Boîte noire, dans lequel Pierre Niney jouait un acousticien surdoué de l’aviation civile, enquêtant sur une catastrophe aérienne. Dans Visions, le réalisateur confirme son appétence pour le suspense et le monde de l’aéronautique. Commandant de bord d’une grande compagnie aérienne, Estelle mène une vie réglée au cordeau. Lorsqu’elle n’est pas en service, elle rejoint son mari chirurgien (Mathieu Kassovitz) dans leur maison perchée sur les hauteurs de Toulon. Son métier exigeant une santé physique et mentale sans faille, elle gère un quotidien d’athlète millimétré, enchaînant les longueurs dans sa piscine et les séances de running. Mais son sommeil est agité par des songes étranges : elle nage au milieu des méduses, se voit sur une plage explorer une villa abandonnée… Depuis peu, elle a retrouvé par hasard Ana, son grand amour de jeunesse, avec qui elle a vécu une passion torride. Malaise ! Ana habite la maison qu’Estelle voit en rêve. 

FIGURE HITCHCOCKIENNE 

Ses cheveux blonds enroulés en chignon, comme celui de Kim Novak dans Sueurs froides (1955), d’Alfred Hitchcock, Diane Kruger incarne cette wonder woman aux pieds d’argile, qui ne distingue plus le rêve de la réalité. Ce rôle marque le retour de l’actrice allemande, qui n’avait pas tourné en France depuis six ans. « Ça me manquait, avoue-t-elle. J’ai une petite fille avec mon compagnon (Norman Reedus, star de la série The Walking Dead, ndlr). Je ne voulais pas m’éloigner de ma famille. Ensuite, je cherchais le bon projet pour revenir. »

Yann Gozlan le lui a offert sans hésitation : "Une fois le scénario bouclé, Diane Kruger s’est imposée. C’était une évidence. De par son magnétisme et sa photogénie, elle incarne, à mes yeux, la figure hitchcockienne par excellence. Avec son regard bleu acier et cette force naturelle qu’elle dégage à l’écran, elle était parfaite pour être cette femme qui impressionne par sa maîtrise"

L’actrice a suivi une préparation ardue : "Pilote de ligne est un chouette boulot, mais j’ai très peur en avion. Assimiler le langage technique, apprendre les codes, les bons gestes, m’entraîner dans un simulateur de vol… c’était difficile. Ce n’est pas ce que j’ai préféré. Yann Gozlan est un excellent nageur. Il tenait donc aussi à ce que je sois impeccable dans l’apprentissage du crawl."

Résultat : Diane Kruger semble se confondre avec son héroïne, obsédée par la perfection. Un jeu de miroir ? "Le rôle d’Estelle avait beaucoup de nuances. Je peux moi-même être très organisée, “allemande”, pour reprendre un cliché sur mon pays natal. Si j’ai été dans le contrôle, c’était au début de ma carrière. Avec le temps, je laisse davantage de place à l’inconnu. C’est sans doute la raison pour laquelle j’ai choisi d’être actrice." Elle l’est assurément, ici impériale et sans frontières. Le 30 avril, elle sera à l’affiche des Linceuls, du réalisateur canadien David Cronenberg, au côté de Vincent Cassel

Visions, samedi 12 avril à 21h05 sur Canal+

Par
Isabelle Magnier