Avez-vous vu l’adaptation de Marcel Cravenne, avec Claude Jade, datant de 1979, avant de tourner ?
Virginie Ledoyen : Je l’avais vue, enfant. Je me souviens avoir eu très peur, même si je n’ai gardé que peu de souvenirs de l’histoire. Et, curieusement, je n’ai lu le roman de Maurice Leblanc qu’après le tournage, pour conserver une certaine virginité, et ne pas m’éloigner du scénario, qui se déroule de nos jours. Au bout du compte, j’ai réalisé que, dans cette transposition contemporaine, nous n’étions pas si éloignés des problématiques des personnages, à l’époque du roman (paru en 1919, ndlr).
Quel genre de femme est cette Christine ?
Quelqu’un d’extrêmement paradoxal. Elle est très déterminée dans sa quête, prête à tout pour retrouver cet enfant dont elle pense qu’il lui a été ravi à la naissance, et, en même temps, elle est très vulnérable. Cette privation forcée de sa maternité est au cœur de sa personnalité. C’est une femme meurtrie.
Qu’est-ce qui vous a séduite dans ce projet ?
Personnellement, je me suis sentie happée par le scénario, car, au-delà du thriller, c’est une double histoire d’amour : celle d’un couple, follement épris, mais aussi celle d’une mère pour son enfant qui lui a été arraché. J’ai aussi été fascinée par l’étrangeté de cette île, en l’occurrence Ouessant, au large de la côte du Finistère. C’est un personnage à elle seule, avec son atmosphère, sa beauté sauvage.
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Le cœur de Christine semble balancer entre son amour d’enfance, Stéphane (Stanley Weber), et son mari, Raphaël Vorski (Charles Berling). Qu’en est-il vraiment ?
Elle éprouve beaucoup de nostalgie en revoyant Stéphane. Il a été son amour de jeunesse, mais ensuite est arrivé Raphaël, avec une histoire longue, forte, et un enfant disparu. Stéphane ne lui rappelle pas seulement son adolescence, mais la part heureuse de son existence sur cette île. Quand Christine y remet les pieds, elle se retrouve seule, sans Raphaël, confrontée à une vive adversité. Stéphane apparaît alors comme un protecteur, avec tout son amour. Elle reste avant tout la femme de Raphaël, avec lequel elle forme un couple fusionnel et complexe.
Après cette série en Bretagne, on devrait bientôt vous retrouver… en costume Renaissance. De quoi s’agit-il ?
J’ai tourné Diane de Poitiers, un téléfilm historique, sous la direction de Josée Dayan, sur un scénario de Didier Decoin, avec, entre autres, Isabelle Adjani, Hugo Becker et Samuel Labarthe. J’incarne Anne de Pisseleu, la favorite de François Ier.
Interview Hacène Chouchaoui
L’Île aux 30 cercueils : lundi 21 mars à 21h10 sur France 2