Dans son roman L’Homme invisible, paru en 1897, H.G. Wells raconte comment le savant Griffin s’injecte un produit qui le rend invisible. Il échappe ainsi à ses créanciers, commet des vols en toute impunité, puis bascule dans la folie meurtrière. Adapté au cinéma dès 1933, ce classique du fantastique a été modernisé en 2020 par l’auteur-réalisateur Leigh Whannell, expert en épouvante et créateur de la franchise Saw : « Je me suis inspiré de ce qui m’effraie le plus : les hackers qui piratent nos ordinateurs, volent nos identités et nos comptes bancaires… les maltraitances faites aux femmes et les harceleurs des réseaux sociaux, qui diffusent de fausses informations pour salir des réputations. »
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UN PIÈGE DIABOLIQUE
Au début du film, Cecilia s’enfuit en pleine nuit pour quitter son compagnon abusif, un milliardaire prodige de la high-tech qui a transformé sa vie en enfer. Quand il se suicide en lui léguant sa fortune, elle pressent que cet acte incompréhensible cache quelque chose. Elle se sent manipulée par une présence que personne ne peut voir et qui tente de la faire passer pour folle… Elisabeth Moss, la vedette des séries Mad Men et La Servante écarlate, s’est passionnée pour ce rôle aussi psychologique que physique : "Cecilia vit un cauchemar qui fait écho à celui que vivent réellement les victimes de conjoints violents, mais elle se défend, et cela m’a donné l’occasion de réaliser mes premières cascades. Au début, l’entraînement me semblait dur, mais j’ai gagné en force, en endurance, et j’ai même fini par apprécier l’exercice."
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Pour les scènes d’action où l’homme invisible attaque Cecilia, différentes méthodes ont été employées : l’actrice était suspendue à des filins d’acier pour être soulevée, un cascadeur entièrement vêtu de vert jouait l’agresseur, puis était ensuite effacé image par image, et des fils de Nylon servaient à ouvrir des portes ou faire voler des objets. Disposant d’un modeste budget de 7 millions de dollars,a misé sur l’économie de moyens pour éprouver les nerfs des spectateurs. Sa solution : jouer sur l’attente et suggérer une présence maléfique, sans jamais la montrer : "J’ai transformé la caméra en une entité indépendante qui, parfois, ne suit plus les déplacements des acteurs, explique le réalisateur. Lorsqu’elle va observer un coin de décor vide, on se demande si l’homme invisible n’est pas caché là, et ce doute est très angoissant." Avec cette mise en scène, un simple zoom avant sur une chaise devient terrifiant.
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Elisabeth Moss : "La scène pendant laquelle on m’emmène dans un hôpital psychiatrique a été épuisante à jouer"
À force de tourmenter Cecilia, l’homme invisible parvient à la faire interner. "La scène pendant laquelle on m’emmène dans un hôpital psychiatrique a été épuisante à jouer, confie Elisabeth Moss. Je me débattais en criant, pleurant, et en essayant de me libérer des gens qui me tenaient. À chaque prise, je rassemblais toute mon énergie. À la fin de la journée, je ne tenais plus debout !" Vous l’aurez compris, le frisson est garanti avec ce thriller épatant, dont les rebondissements surprennent jusqu’au bout.
Invisible Man : dimanche 26 novembre à 21h10 sur TF1