Des animaux contre les gladiateurs
Si Ridley Scott ne montre que des tigres, bien d’autres animaux furent utilisés dans les jeux du cirque : lions, éléphants, rhinocéros, ours. Les sous-sols du Colisée comportaient une vaste ménagerie pouvant accueillir des centaines de bêtes. Ainsi, les Romains raffolaient-ils du spectacle d’athlètes affrontant des ours ou des lions à mains nues. Au IIIe siècle, les jeux innovèrent : des troupeaux entiers d’éléphants d’Afrique furent massacrés dans l’arène par des groupes de gladiateurs armés de javelines et de boucliers. À Rome, un éléphant blessé fut même gracié, à la demande du public, par l’empereur Caligula. Lors de l’inauguration du Colisée, 9000 animaux furent sacrifiés dans un bain de sang.
Du pain et des jeux
Une séquence du film montre des esclaves distribuant des miches de pain aux spectateurs du Colisée. Anecdote historiquement exacte, qui illustre le fameux adage de Juvénal : « Du pain et des jeux ». La veille des plus grands combats, certains spectateurs privilégiés étaient invités à d’immenses buffets pour festoyer en compagnie des gladiateurs. Quelques heures avant les combats, des « bookmakers » romains prenaient les paris sur la victoire de tel ou tel gladiateur. Ces jeux de hasard, ancêtres du loto sportif, étaient encadrés et imposés par l’administration romaine.
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Un empereur dans l’arène
Dans Gladiator, l’empereur Commode affronte le courageux général Maximus. Une scène conforme à la réalité. Lors de son règne, de 180 à 192, Commode aimait tomber la cape et descendre dans l’arène affronter un gladiateur ou un tigre. L’historien Hérodien précise même que l’empereur était d’une redoutable habileté au maniement du glaive.
Des superstars adulées
Comme Maximus, incarné par Russell Crowe, certains gladiateurs, à force d’exploits, devenaient de véritables stars de l’arène, adulées du public et couverts d’or. À l’image des romains Fulgur (rapide comme l’air) ou Urcius (qui a la force de l’ours), célébrités qui attiraient au Colisée une foule toujours plus dense. Une fois affranchis par l’empereur, ces combattants obtenaient le statut de liberati, bénéficiaient d’une rente et ouvraient des écoles de gladiateurs.
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Des mises à mort très rares
Contrairement à l’image véhiculée par les péplums hollywoodiens, dans l’arène, les mises à mort étaient rarissimes. La plupart du temps, les gladiateurs étaient simplement blessés. Évacués sur des civières, ils étaient soignés dans les coulisses du Colisée. Rome n’aimait guère voir mourir ses gladiateurs car ils coûtaient très cher : leur formation, dans les écoles, prenait plusieurs années.
Des mises en scènes fastueuses
Le public de Rome, vite blasé, exigeait sans cesse des nouveautés. Ce qui explique la surenchère de grands spectacles. Des batailles navales opposaient des vaisseaux grandeur nature qui voguaient sur d’immenses lacs artificiels creusés à même l’arène. Jules César ira jusqu’à reconstituer les batailles de ses campagnes, avec des centaines de fantassins, de cavaliers, d’éléphants…
Gladiator est diffusé jeudi 30 septembre à 21h05 sut TFX
Jean-Baptiste DROUET