Alita, battle Angel (TMC) – L’Entraînement musclé de Rosa Salazar : « Certains jours, je pleurais »

Publié le 18 mai 2022 à 11:09
AFF/ABACA
L’auteur de Titanic rêvait d’adapter ce chef-d’oeuvre de la BD japonaise. Il a confié à son ami Robert Rodriguez la réalisation de ce conte futuriste à grand spectacle.

Guerrière au corps de métal et au cerveau humain, Alita ne pouvait que séduire James Cameron, passionné de machines depuis Terminator, en 1984. Il y a vingt ans, le cinéaste tombe sous le charme de cette héroïne née sous le crayon de Yukito Kishiro, auteur de Gunnm, un manga culte (neuf tomes, parus entre 1990 et 1995), lu par plusieurs millions de fans. Dans un futur post-apocalyptique, Iron City, bidonville où survit une humanité misérable, le docteur Ido, génial cybernéticien, récupère la carcasse d’une cyborg tombée du ciel, la répare et la baptise Alita (Gally dans le manga). Amnésique, celle-ci tente de retrouver le chemin de son passé et se découvre alors une âme de combattante, capable de répandre la destruction… 

James Cameron a vu dans cette histoire un conte universel sur l’humanité des machines et, surtout, sur l’affirmation de soi et la conquête de l’autonomie : "Je tenais à adapter cette bande dessinée pour mettre en scène une héroïne à laquelle Josephine, l’une de mes filles, adolescente, pourrait s’identifier." Le cinéaste achète les droits du manga, ébauche un scénario, écrit six cents pages de notes sur les habitants et la vie quotidienne à Iron City. Mais, accaparé par la réalisation d’Avatar (2009) et la préparation des opus suivants, il confie la mise en scène d’Alita à son vieil ami Robert Rodriguez (Sin City), tout en pilotant la production. "J’avais promis à James de lui livrer le film le plus fidèle possible à ce qu’il avait imaginé. Il m’a encouragé à me l’approprier", raconte Rodriguez. 

Fort de cette carte blanche (et d’un budget de 200 millions de dollars), il décide de tourner à l’ancienne, avant de finaliser le film grâce aux effets spéciaux. Pas de fonds verts, donc, mais la construction d’Iron City dans les gigantesques studios de Troublemaker, au Texas. Et pas d’héroïne générée par ordinateur. Filmée en motion capture, puis retouchée numériquement, la comédienne cubaine Rosa Salazar (Divergente 2, Le Labyrinthe) lui prête ses gestes, son regard et son sourire. "Au prix d’un travail d’orfèvre, nous avons fait en sorte que les moindres battements de cils d’Alita soient ceux de Rosa", précise Rodriguez. 

Excellent Christoph Waltz 

On connaît le goût du réalisateur pour les combats ludiques chorégraphiés au millimètre. Rosa Salazar a suivi cinq mois d’entraînement, avec arts martiaux et kick boxing pour l’endurance : "Cela m’a enseigné la détermination, mais certains jours, je pleurais face à mes limites." À l’écran, l’actrice devient l’une de ces merveilleuses créatures, entre virtuel et réel, chères au papa d’Avatar. Face à cette super nana aussi décapante que touchante, il fallait un acteur qui en impose. Loin des méchants qu’il incarne souvent (Inglourious Basterds, Mourir peut attendre), Christoph Waltz excelle dans le rôle du Dr Dyson Ido, sorte de Gepetto high-tech : " Il est un mentor, mais il cultive aussi une face sombre. Celui qui donne la vie peut aussi la reprendre…" Vous voilà prévenus.

Isabelle Magnier  

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