Sous les jupes des filles (W9) Audrey Dana : « Vanessa Paradis est la gentillesse incarnée »

Publié le 15 juin 2020 à 13:53
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W9 rediffuse ce lundi soir le film d'Audrey Dana "Sous les jupes des filles". Pour ses débuts de réalisatrice, la comédienne s’est entourée d’un casting dix étoiles. Soit onze talentueuses stars pour un hymne, drôle et gonflé, à toutes les femmes. Entretien

A l’origine de cette comédie chorale, il y a eu un coup de gueule…

Audrey Dana : J’étais au Festival de comédie de l’Alpe d’Huez 2014, et j’ai déploré haut et fort qu’il n’y ait que des réalisateurs hommes, que tous les rôles importants soient masculins et que les femmes soient cantonnées au second plan dans des emplois stéréotypés d’épouse de, de maîtresse ou de soeur de… Une situation totalement injuste à notre époque ! Je crois savoir que nous, les femmes, avons aussi un potentiel comique et le talent pour tenir les premiers rôles. En plus, nous allons plus au cinéma que les hommes ! J’ai été entendue par les producteurs de chez Fidélité.

Comment vous est venue l’idée de raconter les destins croisés de ces onze héroïnes ?

À travers elles, j’ai eu envie de brosser un portrait de la femme d’aujourd’hui. Avec une telle brochette, mon but était de balayer différents âges, différentes thématiques. Jamais, dans l’Histoire, la condition de la femme n’a autant évolué que ces soixante dernières années. Une telle révolution a bousculé les mentalités et le regard des hommes : c’est un matériau très riche pour la comédie.

Pour tendre ce miroir aux femmes, vous avez mené une véritable enquête sociologique !

Absolument. J’ai interrogé des centaines de femmes sur leur place dans la société, leurs rapports aux hommes, à leur corps, leur sexualité, la pornographie, les magazines… Je me suis aperçue que nous étions beaucoup à souffrir de l’image de la femme parfaite, bonne mère, amante, ce qui crée un complexe terrible pour beaucoup d’entre nous. On est nombreuses dans la rue à ne pas se trouver à la hauteur en regardant les autres nanas. Sauf que cette fille croisée, elle pense sans doute la même chose !

Qu’est-ce qui vous a le plus surprise ?

La solitude et les complexes. Le diktat de l’idéal de la femme parfaite est inimaginable. Nous avons changé et cela peut aussi déstabiliser la gent masculine. J’ai été surprise de voir combien de femmes, belles, indépendantes financièrement, étaient seules.

Vous avez réuni un casting de rêve. Quel est votre secret ?

Elles avaient envie de cette comédie, de rôles inédits, et également de jouer ensemble pour prouver qu’elles aussi étaient drôles et ne se prenaient pas au sérieux. Au-delà du travail, le tournage a été une grande fête. Toutes voulaient en être. La preuve, c’est Isabelle Adjani qui m’a contactée !

Y en a-t-il une qui vous a particulièrement étonnée ?

Laetitia Casta et Vanessa Paradis. Elles sont arrivées au débotté sur le projet. J’ai été époustouflée par le professionnalisme de Laetitia, sa beauté morale et son envie de normalité. Elle a quand même accepté de jouer une nana qui, lorsqu’elle est séduite par un homme, connaît des problèmes gastriques ! Elle était heureuse de jouer ça. Sa délicatesse et sa pudeur me bouleversent. Quant à Vanessa, c’est la gentillesse incarnée. C’était très beau de la voir découvrir sa fibre comique. En fait, je n’avais que des Rolls ! 

Sous les jupes des filles est diffusé lundi 15 juin à 21h05 sur W9.

Julien Barcilon

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