Wallace & Gromit : Le Mystère du lapin-garou (Gulli) – Nick Park : « J’ai parodié Les enquêtes criminelles d’Agatha Christie… »

Mis à jour le 9 janvier 2026 à 11:25
Gulli diffuse ce soir Wallace & Gromit : Le Mystère du lapin-garou. L’inventeur excentrique et son cher toutou mènent l’enquête dans cette savoureuse parodie de thrillers anglais.

Créés par l’Anglais Nick Park, virtuose de l’animation de personnages en pâte à modeler, Wallace et Gromit ont séduit le public dès leur apparition dans Une grande excursion, en 1989. Fruit de cinq ans de travail, ce court-métrage jetait les bases de l’univers rétro-excentrique de Wallace, inventeur en pantoufles, et de son chien, Gromit, muet mais plus malin que lui. Grâce à leur fusée bricolée maison, ils partaient explorer la Lune pour y chercher du fromage !

Le film cartonne dans les festivals, la BBC le diffuse, et Park est engagé par les studios d’animation Aardman. Les deux courts-métrages suivants, Un mauvais pantalon (1993) et Un rasage de près (1995), sont encore plus drôles et présentent des courses-poursuites si hallucinantes qu’ils obtiennent chacun un Oscar. Il est temps que Wallace et Gromit deviennent les stars d’un long-métrage. « J’ai parodié plusieurs spécialités britanniques, confie Nick Park. Les enquêtes criminelles d’Agatha Christie, les films de monstres des studios Hammer et les concours de légumes géants ! »

Dans Le Mystère du lapin-garou, nos héros volent au secours des jardiniers qui vont participer à la compétition : ils capturent les lapins qui grignotent leurs récoltes. Or, une nuit, un monstrueux rongeur s’attaque aux légumes géants. Wallace et Gromit se lancent sur sa piste… 

En coulisses, le tournage du film est un exploit. Les marionnettes des personnages sont munies d’armatures de métal articulées par des rotules, leurs corps réalisés en mousse de latex, leurs visages et leurs mains sculptés en pâte à modeler. Pour gagner du temps, les expressions de la bouche sont préparées à l’avance, grâce à une série de moules souples en silicone dans lesquels on presse la pâte pour lui donner forme. Chaque expression de Wallace (neutre, triste ou joyeuse) est décomposée en diverses formes de bouche correspondant à l’articulation de chaque syllabe d’un mot (les sons O, R, M…). L’animateur remplace les bouches du personnage sans devoir les sculpter. 

LA FABRIQUE DES CLONES 

Force est de constater que les marionnettes se salissent vite avec la manipulation. Chaque jour, 45 clones propres de Wallace et 35 de Gromit sont apportés aux animateurs qui travaillent dans les 35 ministudios des locaux d’Aardman. On y crée aussi des décors miniatures de maison aux intérieurs superbement détaillés, des milliers de légumes en résine peints avec des teintes acryliques, des arbres et des bosquets de fleurs.

Petite astuce : le gazon est réalisé avec de la peluche verte coupée court et badigeonnée de peinture jaune. Ses fibres se regroupent comme des brins d’herbe, l’illusion est parfaite ! « Chaque animateur, explique Nick Park, dispose d’un système vidéo qui lui permet de préparer des poses clés avant de filmer vraiment la scène. Ces images le guident et l’aident à réaliser des animations fluides. J’aurais vraiment adoré utiliser ça à mes débuts ! » Voilà quelques-uns des secrets qui rendent les aventures de Wallace & Gromit irrésistibles et « absolutely delicious ».

Wallace & Gromit : Le Mystère du lapin-garou, samedi 1er novembre à 21.05 sur Gulli

Par
Pascal Pinteau