Victor Belmondo (Envole-moi) : « Je n’ai rien demandé à personne au sein de ma famille »

Publié le 18 juin 2023 à 13:22
Julien PANIÉ - © Chapter 2 / France 2 Cinéma / LDPR II / Palomar NomDeFichier
Dans cette comédie initiatique, le petit-fils de Jean-Paul Belmondo incarne l’ange gardien (malgré lui) d’un adolescent handicapé. Un rôle où il se montre déjà très… professionnel.

On aurait presque envie de changer le titre du cinquième film de Christophe Barratier, inspiré de la chanson de Jean-Jacques Goldman, par « Envole-toi »… Parce que Victor Belmondo, cinq ans de carrière et sept films au compteur, y tient, avec autant de sensibilité que d’humilité, son premier grand rôle. Ainsi Thomas, 26 ans, rejeton fêtard et glandeur d’un éminent médecin spécialiste des maladies rares (Gérard Lanvin) qui, le soir d’une énième beuverie, « gare » sa décapotable dans la piscine parentale. Trop, c’est trop ! Le voilà sommé de s’amender : soit son paternel, jusque-là d’une patience admirable, lui coupe les vivres, soit Thomas accepte de s’occuper de l’un de ses patients, Marcus, 15 ans, atteint d’une malformation cardiaque. Même s’il était pressenti pour le rôle, Victor a commencé par prendre le chemin des castings, comme à chacun de ses films. Faire le malin ? Profiter de son patronyme ? Que nenni. « J’ai fait tellement d’essais qui n’ont débouché sur rien… Quand on me choisit, je pleure de bonheur », confie-t-il. 

L’ADN DE BÉBEL 

Lorsqu’il a su que son désir de devenir comédien ne s’envolerait pas avec l’enfance, il a décidé de tracer sa propre route. Pas l’itinéraire d’un enfant gâté, mais celui d’un gros bosseur, qui a franchi les étapes une à une, sans piston ni passe-droit. Il a pris des cours d’art dramatique, puis de cinéma, a fait ses classes comme régisseur sur les plateaux, avant de décrocher ses premiers rôles, dans La Vie très privée de Monsieur Sim, All Inclusive, ou encore Mon bébé, de Lisa Azuelos, qui l’a révélé en 2015. Pour Envole-moi, il a noirci des pages d’idées sur son personnage. « Même si, finalement, dit-il, tout se passe sur le plateau, à l’instinct, en faisant don de soi. » Christophe Barratier évoque une évidente hérédité : « Au-delà de l’air de famille, il tient de son grand-père une grâce, un côté élancé, presque élastique, une attitude apparemment nonchalante… Mais il ne verse jamais dans le mimétisme. » 

UN TANDEM ACCROCHEUR 

Avec son jeune partenaire, Yoann Eloundou, débutant qui se révèle un petit soleil, Victor forme, sur le modèle d’Intouchables, avec Omar Sy et François Cluzet, le tandem classique que tout oppose : ici, un jeune adulte dilettante, qui apprend à grandir au côté d’un ado – handicap oblige – plus mature que lui. Entre les deux acteurs, le courant passe jusqu’à créer une relation fraternelle, qui traverse l’écran. Leur complicité est l’atout de ce conte initiatique. Sans elle, il serait sagement resté sur les sentiers balisés de la comédie feel-good. Depuis, l’agenda de Victor s’est rempli. On l’a vu, cette année, face à Guillaume de Tonquédec dans Arrête tes mensonges, et à l’affiche de la série Bardot, dans le rôle du cinéaste Roger Vadim. Il incarnera bientôt un dépanneur d’ascenseurs dans Elle & lui & le reste du monde, d’Emmanuelle Belohradsky. Si sa carrière prend de la hauteur, Victor Belmondo garde les pieds sur terre : « Je n’ai rien demandé à personne au sein de ma famille, je me suis débrouillé seul. La victoire n’a aucun goût si elle est facile. » 

Envole-moi, dimanche 18 juin à 21h10 sur France 2

ISABELLE MAGNIER 

Par
Isabelle Magnier