Top Gun (W9) – L’idée géniale du producteur pour convaincre Tom Cruise de jouer Maverick

Publié le 23 septembre 2024 à 11:44
Frime, ivresse de la vitesse, fracas mécanique et Tom Cruise aux commandes de son chasseur F-14 Tomcat. Le film de Tony Scott nous met toujours la tête à l’envers.

En 1983, les producteurs Don Simpson et Jerry Bruckheimer découvrent un sujet en or dans la revue California : un article sur l’école Top Gun, qui forme les pilotes de chasse de la marine américaine. Ils soumettent un synopsis à la division média de la défense. Un partenariat est accepté, et les producteurs obtiennent un accès illimité à la base aérienne Miramar, en Californie, à quatre porte-avions et à deux douzaines de jets F-14, F-5 et A-4, pilotés par les as de l’école. Épaté par un spot de publicité de Tony Scott (le frère du réalisateur Ridley Scott), dans lequel une voiture fait une course avec un jet, Bruckheimer décide de lui confier les commandes du film.

Tom Cruise a failli dire non au rôle de sa vie !

Qui mieux que Tom Cruise, l’étoile montante de la comédie à succès Risky Business (de Paul Brickman), pour endosser le blouson de la tête brûlée Pete « Maverick » Mitchell ? Mais l’acteur refuse le rôle, malgré un cachet d’un million de dollars. Décidé à le faire changer d’avis, Bruckheimer lui offre une « petite virée » à bord d’un F-14. Le pilote, Lloyd « Bozo (le clown) » Abel, enchaîne vrilles et accélérations. Son passager a tout juste le temps de saisir un sac avant de vomir. Le pilote lui lance : « Maintenant, vous savez pourquoi mon surnom est Bozo ! » Bruckheimer raconte la suite : « Dès que Tom est descendu de l’appareil, il m’a dit : “OK, je fais le film. Ces avions sont fantastiques !” » 

Pourquoi Tom Cruise ne s’entendait pas avec Kelly McGillis ?

Kelly McGillis (la belle Amish qui séduit Harrison Ford, dans Witness) incarnera Charlotte Blackwood, dont Maverick va tomber amoureux. Mais c’est un tel rôle de bimbo que Dawn Steel, patronne des studios Paramount, impose qu’il soit réécrit. Les producteurs s’inspirent alors de Christine Fox, une civile instructrice de vol et mathématicienne, dont la chevelure blonde et les talons hauts les avaient fascinés, lors de leur visite de la base de Miramar. Le tournage débute, mais Tom Cruise, complexé par sa taille (1,70 m), ne s’entend pas avec Kelly McGillis, qui, elle, flirte avec le mètre quatre-vingts. Ce qui oblige la future star de Mission : Impossible à porter des talons compensés. 

Les coulisses d’une scène culte

Tony Scott fut le premier à faire installer une caméra sur la carlingue d’un avion de chasse, protégée par une bulle. Le montage stroboscopique, cher au réalisateur, élevé à l’école de la pub et du documentaire, s’adapte parfaitement aux voltiges folles des combats aériens et au fracas des décollages et atterrissages sur fond de coucher de soleil : le spectacle est total. En revanche, le studio déteste la partie de beach-volley, où Tom Cruise et Val Kilmer (qui joue Iceman) exhibent leurs torses huilés, jugée gay. Le réalisateur manque d’être viré, mais se rattrape en ajoutant une scène d’amour entre Maverick et Charlotte. Séquence sublimée par l’entêtante « guimauve » Take my Breath Away, composée par l’italien Giorgio Moroder, et interprétée par le groupe Berlin. Le hit est couronné d’un Oscar, en 1987, Top Gun devient le plus grand succès de 1986 (365 millions de dollars de recettes) et Tom Cruise s’envole vers la gloire. 

Top Gun, lundi 23 septembre à 21h10 sur W9

Par
Pascal Pinteau