Barry Seal n’est pas un mauvais bougre. C’est même ce que l’on appelle un chic type. Ceux qui l’ont croisé dans les années 80 en témoignent. Son seul défaut : il se sent toujours à l’étroit avec les règlements, la légalité… et seules l’adrénaline et la quête du frisson semblent avoir été sa boussole, sa vie durant. Et aussi quelques « amis » puissants et dangereux, auxquels il s’est trouvé lié, précisément parce qu’il était rétif aux règlements susmentionnés. Surdoué du manche à balai, Barry intègre la prestigieuse TWA dans les seventies. Très vite, la routine des vols commerciaux l’assomme. Pour le frisson, il transporte bien quelques cigares cubains sous embargo. Peccadille dont il est loin d’imaginer les funestes conséquences. Grillé par la CIA, Barry se voit proposer un deal : soit il accepte de piloter pour eux des avions espions au-dessus des camps de guérillas marxistes d’Amérique centrale, soit il perd sa licence. « Est-ce légal ? », s’inquiète-t-il.
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Réponse : « Si vous le faites pour les gentils, oui ! » Bientôt, « le gringo volant » est aussi recruté malgré lui par le cartel colombien de Pablo Escobar, pour lequel il inondera de cocaïne le territoire américain. Ce qui le place dans le collimateur de la DEA, la police anti-drogue des USA, dont il devient la cible prioritaire. Ses amis des services secrets lui sauvent la mise, à condition qu’il transporte, cette fois, des armes pour faire tomber le régime sandiniste du Nicaragua. Comme un poisson dans l’eau, Barry, bon père de famille et mari aimant devenu multimillionnaire, se retrouve au coeur de l’un des plus grands scandales politico-militaires des années Reagan : l’Irangate !
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UN HÉROS DE ROMAN !
« Je n’approuve pas ce qu’il a fait, mais il est impossible de ne pas être fasciné par Barry Seal. C’est un antihéros unique en son genre, explique Tom Cruise, qui l’incarne avec un charme et une insolence canailles irrésistibles. Ce n’est pas tous les jours que l’on vous propose un tel personnage ! » « L’histoire offre tous les éléments nécessaires pour un film qui combine, à parts égales, suspense, satire et comédie, et n’a de cesse de nous surprendre », ajoute le réalisateur Doug Liman, qui avait déjà dirigé l’acteur dans Edge of Tomorrow (2014). Cruise et Liman sont tous les deux pilotes. Les morceaux de bravoure crèvent l’écran. Fidèle à son amour du risque, le comédien a effectué lui-même les séquences aériennes. Zéro effets spéciaux, frisson garanti. En cela, Tom est sur la même longueur d’onde que Barry. Cette connivence de casse-cou a sans aucun doute nourri sa performance jubilatoire. 100 % réjouissante, à l’image du ton décalé, corrosif et ludique de cette odyssée « abracadabrantesque » dans les coulisses peu reluisantes de l’administration Reagan, dont les contradictions et les turpitudes étaient sans limite pour faire barrage au communisme. Du très lourd pointé du doigt, avec une euphorisante légèreté qui n’oublie pas d’être pertinente. On embarque !
Barry Seal : American Traffic : mardi 4 avril à 21h10 sur France 2
JULIEN BARCILON